À deux semaines du scrutin, il y a mieux que les sondages pour prendre la température électorale du pays, ce sont les votes par anticipation.

Aux États-Unis, on vote parfois en avance
Aux États-Unis, on vote parfois en avance © Reuters / Mark Makela

Cela concerne une quarantaine d’États sur 50 où les Américains peuvent voter depuis début octobre pour lutter contre l’abstention, mais aussi dans certains endroits pour éviter des files d’attente trop longues le 8 novembre. On estime qu’à ce jour environ cinq millions d’américains se sont déjà déplacés, et si les bulletins n’ont pas évidemment pas été dépouillés, il est possible d’avoir une idée de la mobilisation des deux camps, dans la mesure où les électeurs sont enregistrés démocrates ou républicains (ou indépendants, mais dans ce cas il faut attendre le dépouillement pour avoir une indication).

Les premières informations provenant de ce vote par anticipation sont plutôt favorables à Hillary Clinton. Dans un État comme la Caroline du Nord, aujourd’hui républicain, c’est même spectaculaire. Les deux partis font jeu égal, alors qu’en 2012 à cette même période les républicains avaient été deux fois plus nombreux à s’enregistrer. En Floride, même tendance d’ampleur plus limitée toutefois, et avec une mobilisation qui s’annonce forte. En fait, dans les statistiques compilées par les différents médias américains, Donald Trump fait partout plutôt moins bien que Mitt Romney en 2012 sauf dans le Mid West, dans les états industriels sinistrés ou dans les plaines où la population reste très majoritairement blanche. Dans l’Iowa, il progresse et dans l’Ohio, on enregistre la même tendance qu’en 2012. Le site Politico ajoute une variable intéressante, et sans doute défavorable à Donald Trump, un peu partout aux États-Unis, les femmes ont été particulièrement nombreuses à aller voter dès qu’elles en ont eu le droit.

Les démocrates calquent leur calendrier sur celui du vote par anticipation

Ce qui se passe traduit en fait une réalité, la campagne de terrain démocrate est plus agressive que celle des républicains : plus de militants, organisation plus scientifique, et unité entre le candidat et le parti. Dans l’Ohio par exemple, un État-clé, Donald Trump est en guerre ouverte avec le principal responsable du parti républicain. Pendant tout le mois d’octobre, en fait, les démocrates ont adapté leur calendrier à celui du vote par anticipation. Dimanche par exemple, Barack Obama était à Las Vegas dans le Nevada, où les opérations électorales viennent de commencer. La visite du président américain ou celle de Michelle Obama sont considérées comme les plus efficaces pour s’assurer de cette mobilisation. Dans cet État du Nevada, qui sera aussi un de ceux qui seront scrutés de près le 8 novembre, il n’y a donc pas encore de données fiables pour les électeurs. En revanche, on sait déjà que les enregistrements sur les listes électorales ont flambé, et notamment ceux des électeurs d’origine hispanique. Ce qui fait dire à Dina Titus, la représentante démocrate de Las Vegas au Congrès de Washington, qu’elle n’a aucun doute sur le résultat dans son État.

Toutes ces indications ne constituent qu’une partie du puzzle électoral, mais les commentateurs sont unanimes pour dire que l’élection se joue avant le 8 novembre. Plus d’un tiers des Américains votent en effet par anticipation et, dans les États les plus indécis comme la Floride, la proportion peut atteindre 50 %.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.