A désormais moins de vingt jours du scrutin, plusieurs personnalités républicaines qui ont soutenu Trump voient leur avenir s'assombrir.

Chris Christie, le gouverneur républicain du New Jersey
Chris Christie, le gouverneur républicain du New Jersey © Maxppp / Ron Sachs

Avec la défaite qui s’annonce de Donald Trump, c’est aussi toute une génération de dirigeants républicains qui est menacée de disparaître du paysage, soit parce qu’ils ont été trop loin dans l’adhésion à Donald Trump, soit parce qu’ils n’ont pas su habilement se distinguer du candidat républicain.

Chris Christie, première victime

Et la première victime de cette campagne hors norme s’appelle Chris Christie ; en 2012 après la réélection de Barack Obama, le gouverneur du New Jersey est un des espoirs du parti républicain, il a d’ailleurs choisi de se tenir à l’écart de cette course pour se réserver pour plus tard ; en 2014, après sa réélection triomphale au poste de gouverneur, il devient même le modèle de l’élu républicain moderne, un mélange de populisme capable d’attirer un électorat blanc désorienté et d’ouverture qui lui permet d’être populaire chez les minorités.

Après les défaites de 2008 et 2012, la clé du retour à la Maison-Blanche pour les républicains c’est la capacité d’attirer l’électorat noir ou hispanique et Chris Christie est l’incarnation de cet avenir. Le problème c’est qu’il est pris à ce moment-là dans un scandale local, sa candidature à la présidentielle 2016 ne décolle pas, il devient donc le premier ténor du parti à rallier Donald Trump.

Il espère ainsi que cette antériorité lui garantira une place de choix dans la campagne Trump, vice-président ou autre chose. Mais Chris Christie reste un soutien parmi d’autres, il n’est jamais vraiment dans le premier cercle de Donald Trump, il reste plutôt un scalp arraché au parti que l’on exhibe, et avec les outrances de Donald Trump sur les femmes il s’éloigne peu à peu du candidat au point de devenir invisible.

Chris Christie est désormais réfugié dans son New Jersey, il a donné un interview à une radio locale pour regretter que Donald Trump ne se soit pas plus clairement excusé pour ses propos, et depuis, silence, il ne répond plus aux questions sur l’élection. Il reste simplement chargé de piloter la transition après le 8 novembre si Donald Trump est élu, et pour préparer l’installation à la Maison-Blanche, autant dire un emploi quasi fictif.

Ted Cruz, l'adversaire rallié à la dernière minute

Chris Christie est le dirigeant républicain qui a le plus clairement perdu pendant cette campagne. Mais parmi les jeunes quinquagénaires, Ted Cruz n’est pas épargné. L’opposant numéro un pendant la primaire, l’homme qui avait osé affronter Trump durant la convention de Cleveland, s’est finalement rallié à la dernière minute juste avant le premier débat, au moment où les sondages indiquaient une réelle remontée de Donald Trump.

Quelques jours plus tard sortait la vidéo sexiste, et Ted Cruz représentant du courant le plus à droite du parti républicain, du conservatisme le plus proche des valeurs chrétiennes traditionnelles, a dû renoncer à un meeting commun où les deux hommes scelleraient leur réconciliation. Il ne pourra plus se présenter comme celui qui a osé jusqu’au bout rejeter la menace Trump.

Marco Rubio, le seul rescapé ?

Reste Marco Rubio, le grand battu des primaires. Son positionnement vis-à-vis de Donald Trump a le mérite de la clarté : au nom de la loyauté, et du serment effectué par chaque candidat à l’investiture, il soutient Donald Trump mais il n’a jamais négocié et n’a pas vraiment esquissé de rapprochement avec celui qu’il avait traité en débat d’escroc et de menace pour la sécurité de l’Amérique.

Marco Rubio trace donc son chemin en solitaire, mais il sera peut-être aussi une victime du scrutin du 8 novembre ; son siège au Sénat est en effet mis en jeu, il fait face à une réelection compliquée en Floride, il est une cible nationale des démocrates pour qui la reconquête du Sénat passe justement par la Floride. Et s’il ne gagne pas le 8 novembre, ce sera un revers majeur pour lui. La candidature Donald Trump à la Maison-Blanche aura ainsi contribué à faire le vide au parti républicain.

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