Le vice-président adepte du franc-parler se contente d'être un membre secondaire de l'équipe Clinton, mais reste persuadé qu'il aurait été le meilleur face à Trump.

Le Vice-Président des Etats-Unis, Joe Biden
Le Vice-Président des Etats-Unis, Joe Biden © Maxppp / Photoshot

Dans la famille démocrate, le vice-président Biden joue le rôle du tonton protecteur, généreux, parfois gaffeur et toujours combatif. Ce n’est donc pas étonnant si c’est lui qui tient les propos les plus agressifs contre Donald Trump et son comportement avec les femmes. Dans un meeting en Pennsylvannie, Joe Biden explique ainsi qu’on lui demande souvent s’il voudrait débattre avec Donald Trump, et qu’il répond qu’en fait il aimerait plutôt l’attendre à la sortie du lycée, sous-entendu pour lui régler son compte. Immédiatement la campagne Trump a réagi en commentant simplement : qu’est-ce que les médias auraient dit si c’était le candidat républicain qui avait eu ce genre de formule ?

Ce n’est pas la première fois que les mots de Joe Biden sortent du cadre traditionnel de la politique, il est l’adepte d’un parler-vrai qui lui a parfois coûté, et cette fois-ci peut-être traduisent-ils l’expression du rejet profond de ce que représente Donald Trump et également d’une frustration personnelle de ne pas être en confrontation directe avec lui, de ne pas avoir le droit en fait de débattre.

Regrets

Le vice-président a en effet beaucoup hésité à se présenter, son doute exprimé à haute voix à la télévision où il s’interrogeait sur son énergie, sa capacité à être candidat après la perte tragique de son fils restera comme un des moments de sincérité personnelle les plus forts de cette campagne, et ensuite il a plusieurs fois laissé transpirer des regrets après sa décision de ne pas s’engager dans cette course.

C’est ce que choix était largement contraint, Hillary Clinton avait déjà derrière elle la quasi-totalité du parti, elle avait le soutien des principaux donateurs, Joe Biden ne pouvait donc prendre le risque à 74 ans d’un troisième échec dans des primaires démocrates, il fallait un outsider hors-parti à la Bernie Sanders pour oser se lancer.

Aurait-il été le mieux placé ?

Alors Joe Biden se contente d’une place secondaire mais importante dans la Dream Team qui bat la campagne pour Hillary Clinton, il n’attend plus le faux pas qui lui aurait à un moment permis d’être candidat, il est totalement loyal et cet élu du Delaware toujours proche des cols-bleus largement délaissés par son parti est particulièrement utile dans des Etats comme la Pennsylvannie ou l’Ohio.

Mais Joe Biden continue de penser qu’il aurait été le meilleur candidat face à Donald Trump et qu’il aurait justement pu éviter cette hémorragie dans les milieux populaires des états industriels en difficulté. Il fait donc campagne pour Hillary Clinton mais aussi pour que le parti démocrate retrouve ses racines et le 20 janvier prochain lors de la cérémonie d’investiture du prochain président, jour où il raccrochera sans doute aussi définitivement les gants, il ne pourra pas s’empêcher de se dire que, plus que les deux candidats en compétition, il aurait été le mieux placé pour recoudre un pays profondément divisé.

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