A moins d'un mois du scrutin, et après la vidéo de 2005, ce sont maintenant deux femmes qui accusent Trump de les avoir agressés sexuellement

Donald Trump en meeting à Lakeland en Florida, le 12 octobre
Donald Trump en meeting à Lakeland en Florida, le 12 octobre © Reuters / Mike Segar

Ce qui est stupéfiant avec les témoignages recueillis par le New-York Times de deux femmes disant avoir été agressées sexuellement par Donald Trump, c’est qu’ils sont la traduction physique littérale des propos tenus par le candidat républicain dans cette vidéo de 2005 qui a changé le cours de cette campagne électorale. Le même mélange de pulsion, de volonté de possession et de toute-puissance. Il faut préciser évidemment que l’entourage de Donald Trump rejette à 100% ces accusations et parle de pure fiction, mais la précision des récits et le sérieux du journal qui les publient fait qu’il est impossible de les ignorer.

Donc nous sommes en 2005, la même année que la vidéo, et Rachel Crooks, secrétaire d’un grand groupe immobilier dont les locaux sont dans la Trump Tower, se retrouve dans un ascenseur avec Donald Trump. Cela ne dure que quelques secondes, une poignée de mains, et un baiser volé sur la bouche. Elle raconte au New-York Times qu’elle a appelé sa sœur choquée et que le soir elle a fondu en larmes dans les bras de son mari. Puis Donald Trump est venu quelques jours plus tard lui promettre une place dans une agence de mannequin et ensuite elle a évité toutes les réceptions, tous les évènements publics pour ne pas le recroiser. Elle n’a rien dit à l’époque parce qu’elle avait l’impression de ne rien pouvoir faire contre un homme aussi puissant.

L’autre histoire remonte à 1980, le début de la carrière de Donald Trump, pas encore une vedette de la télévision, mais déjà un entrepreneur à succès à Manhattan. Jessica Leeds est assise à côté de lui dans un avion, et ce qu’elle décrit après quelques mots échangés, c’est comme une pieuvre dont les mains se baladent sur tout son corps. Là encore, une scène très brève, et elle va se réfugier sans un mot dans une autre partie de l’avion. Elle aussi garde le silence, à cette époque explique-t-elle nous les femmes on nous donnait l’impression que c’était de notre faute si cela nous arrivait, que nous avions la responsabilité du comportement des hommes.

Il n’y a aucun plaisir à écrire ces lignes ni à regarder une campagne présidentielle se vautrer dans des bas-fonds. Mais les mots de ces femmes sont essentiels et pas seulement parce qu’ils éclairent d’un jour plus précis le comportement d’un homme qui aspire à être président des Etats-Unis. Ces femmes sont également les voix de toutes les autres, étudiantes sur des campus prestigieux, collaboratrices d’hommes politiques, rencontres occasionnelles de sportifs reconnus qui affrontent la même réalité et qui se heurtent au même mur de l’incompréhension et de la culpabilisation.

Jessica Leeds explique d’ailleurs au New-York Times qu’elle veut partager son histoire pour essayer de faire changer ce type de relations sexuelles. Elle est aujourd’hui une dame à la retraite de 74 ans, et elle veut croire qu’elle aura pris sa part dans cette évolution nécessaire. Dans ce bourbier, on se prend alors à rêver et se dire que peut-être finalement sans qu’il l’imagine la candidature de Donald Trump aura au moins été utile à quelque chose.

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