A moins d'un mois du scrutin, le patron des républicains, Paul Ryan, lâche Donald Trump... sans vraiment le lâcher. Objectif : sauver les meubles pour l'élection au Congrès.

Le numéro un du parti républicain, Paul Ryan
Le numéro un du parti républicain, Paul Ryan © Maxppp / Michael Reynolds

L'indignation sélective des républicains face aux outrances de Donald Trump restera sans doute comme la faute morale de cette campagne 2016 doublée d'une erreur politique puisqu'elle entraîne le parti dans une spirale mortifère. Et dans ce registre Paul Ryan, le patrons des républicains a bien donné l'exemple.

Voilà un homme qui n'a aucune illusion sur Donald Trump, qui sait parfaitement qu'il ne changera jamais, mais qui fait semblant pendant des semaines d'entrer un processus d'apprivoisement de la bête, comme s'il allait républicaniser Donald Trump. C'est qu'il ne faut pas se couper de ses électeurs, ces millions de gens qui ne votaient plus et qui sont venus participer aux primaires. Et puis, on ne sait jamais, et si Trump gagnait ?

Aujourd'hui le parfum de la défaite est là, et les candidats républicains au Congrès, Sénat et chambre des représentants, ont absolument besoin des voix de ces électrices dont tous les sondages indiquent qu'elles se détournent de Donald Trump et le feront encore plus massivement après la diffusion de la vidéo sexiste. Voilà donc le calcul de Paul Ryan, cette fois-ci peut-être y-a-t-il plus de voix à gagner qu'à perdre en coupant les ponts entre le parti Républicain et son candidat trublion. Il confirme par parenthèse ainsi que le parti Républicain reste avant tout un parti monocolore qui ne reflète pas la diversité de l’Amérique.

Alors Paul Ryan lâche Trump mais sans le lâcher vraiment. Il ne lui retire pas officiellement son soutien et il laisse l'administration du parti participer à sa campagne. Simplement il ne veut plus rien faire avec lui, pas de meeting, pas de réunion, la présidentielle c'est fini, essayons de sauver ce qu'on peut au Congrès.

Symboliquement, Paul Ryan voudrait faire comme si Trump n'existait pas, comme si on pouvait continuer à jouer ensemble sans le nouveau venu qui ne parle pas comme nous. Le problème, c'est que le caractère du candidat ne le porte pas vers la discrétion et surtout qu'après la désormais probable défaite du 8 novembre les électeurs de Donald Trump se rappeleront au souvenir de Paul Ryan.

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