Les Américains élisent leur président le 8 novembre. En attendant, notre correspondant livre son billet de campagne quotidien. Aujourd'hui, Trump et les accusations de sexisme.

Donald Trump, image de la vidéo dans laquelle il profère des propos salaces
Donald Trump, image de la vidéo dans laquelle il profère des propos salaces © Reuters

Au pays de la contrition et de la rédemption, l’exercice des excuses est un classique de la vie politique, mais celles de Donald Trump sont à l’image du personnage, elles ne ressemblent à aucune autre.

Il y a d’abord l’horaire, en pleine nuit, alors que l’Amérique suit minute par minute depuis 48 heures la progression de l’ouragan Matthew, voilà le pays emporté dans une tourmente politique et voilà un candidat à la présidentielle contraint de s’excuser pour des propos machistes et sexistes tenus voilà plus de 10 ans.

Improbable et baroque

Il y a ensuite le cadre, Trump Tower, 42ème étage sur la 5e avenue, vue imprenable sur les lumières de Manhattan, c’est là que Donald Trump aime poser un bol de tacos devant lui pour célébrer une fête hispanique ou quand il accorde une rare interview télévisé. Là, on sent la précipitation, l’éclairage est blafard, et quand la vidéo s’arrête on a l’impression que quelqu’un vient d’éteindre la lumière. Pour un commentateur politique américain, c’est comme une vidéo d’otage.

Horaire improbable, donc, cadre baroque, et puis il y a le choix des mots, deux secondes pour s’excuser, quelques autres pour promettre qu’il a changé, et puis l’attaque en règle contre les Clinton, Bill l’abuseur et Hillary la harceleuse.

Le chemin de croix du colistier

Du haut de sa tour, en fait, Donald Trump s’adresse avant tout à son peuple qu’il promet de ne jamais abandonner. En cette soirée où des élus viennent expliquer qu’ils retirent leurs soutien au candidat et où des dirigeant lui demandent de ne plus venir à une réunion prévue de longue date, Donald Trump retrouve le costume d’outsider qu’il avait endossé pendant les primaires. On en vient à penser que lui se dit : enfin seul, et on songe à son co-listier Mike Pence, lui qui avait redressé la barre de la frégate républicaine avec son débat réussi. Qu’est-ce que cet homme, très pieux, qui ne prononce jamais un mot plus haut que l’autre a pu penser quand il a vu ces images, ces plaisanteries graveleuses de Donald Trump et ses considérations sur les poitrines refaites. Peut-être se dit-il qu’un jour il devra lui aussi faire des excuses à ses électeurs de l’Indiana pour s’être engagé dans une aventure aussi improbable.

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