Les Américains éliront leur président(e) le 8 novembre. En attendant, notre correspondant Frédéric Carbonne livre son billet. Aujourd'hui, Matthew s'invite dans la campagne.

#USA2016 : J-33, la campagne dans la tempête
#USA2016 : J-33, la campagne dans la tempête © Reuters / Henry Romero

A un mois de l’élection présidentielle, un ouragan n’est pas seulement un phénomène climatique extrême et menaçant, c’est aussi un enjeu politique surtout quand l’œil du cyclone est en Floride... autrement dit dans l’épicentre de la bataille électorale du 8 novembre ! Donc avant que le déluge s’abatte sur la Floride, chacun se positionne.

Prenez Barack Obama, le président américain devait être hier à Miami pour un meeting de soutien à Hillary Clinton. Météorologiquement, rien n’empêchait le président américain de tenir sa réunion mais il a sagement décidé de l’annuler. Quelle image en effet aurait donné un Barack Obama arrivant pour battre la campagne au moment où des centaines de milliers de personnes sont sur les routes pour aller s’abriter loin des côtes ?

A la place, Obama a réuni à la Maison-Blanche les responsables de la FEMA, l’administration chargée des situations d’urgence et a lancé un appel solennel lors d'un point presse aux habitants de la Floride et des autres Etats concernés (Georgie, Caroline du Nord, Caroline du Sud) pour qu’ils respectent les consignes des autorités locales, notamment en cas d'ordre d'évacuation.

Je suis à vos côtés, l’Etat fédéral se mobilise, vos élus peuvent compter sur moi. C'est en résumé ce qu'Obama a voulu dire aux habitants de la Floride.

Et parmi ces élus, il y en a un qui est particulièrement important : Rick Scott, le gouverneur républicain de la Floride, parmi les barons locaux du parti. Il est l'un de ceux qui se sont engagés le plus tôt et le plus clairement derrière Donald Trump. Rick Scott ne manque pas une occasion de s’opposer à Barack Obama. Il avait lancé une vive polémique après la tuerie d’Orlando en reprochant au président américain de ne pas avoir mobilisé de moyens de l’Etat . Aujourd’hui, il lui réclame d’envoyer des secours préventifs avant le passage de l’ouragan.

La Floride 2016 rappelle le New Jersey 2012. Le calendrier est ainsi fait que la saison des ouragans précède l’élection présidentielle. Fin octobre 2012, à quelques jours du scrutin, Sandy fait des ravages le long de la côte Nord-Est du pays. Obama est au chevet des habitants, et l’image politique qui restera est celle du président américain dans les bras de Chris Christie, le gouverneur républicain du New Jersey. A l’époque, le candidat républicain à la présidentielle Mitt Romney est furieux ! Ce cliché du Père de la Nation et de l’abolition des frontières politiques est évidemment très mauvais pour lui et très bon pour Obama. Cette année, il y a peu de risques que ce qui s'est produit avec Chris Christie se reproduise avec Rick Scott, et on peut imaginer que, comme lors des pluies diluviennes à la fin de l’été en Louisiane, Donald Trump se prépare à une course de vitesse pour se précipiter dans les zones sinistrées...

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