Les Américains éliront leur président(e) le 8 novembre. En attendant, notre correspondant Frédéric Carbonne livre son billet de campagne. Aujourd'hui, Trump demande de l'aide.

#USA2016 : Trump en appelle aux électeurs
#USA2016 : Trump en appelle aux électeurs © AFP / Robyn Beck

Que peut faire Donald Trump pour une fois qu’il n’est pas la vedette et qu’il doit laisser comme la nuit dernière son colistier dans la lumière du débat des vice-présidents? Eh bien, il prépare son échéance à lui! à savoir le débat de dimanche 9 octobre au soir, son deuxième rendez-vous face à Hillary Clinton, celui où il n‘a pas le droit à l’erreur. Et pour cela, le candidat républicain consulte son peuple. Tous ses partisans, ceux qui sont enregistrés en tout cas dans les fichiers de sa campagne, ont reçu hier un étrange message dans leur boite mail, un long questionnaire pour donner leur avis sur le premier débat et pour suggérer les priorités de celui de dimanche. Façon pour Donald Trump de reconnaître qu’il a des progrès à faire, et façon aussi de délivrer un message populiste : " je n’ai pas besoin de conseillers en communication, mais j’ai besoin de vous, mes électeurs".

Dans les trente questions, il liste les thèmes essentiels : faut-il insister plus sur le commerce, les impôts, l’emploi ou la sécurité ? Rien de bien original, mais il s’agit surtout de contrer Hillary Clinton et de trouver les meilleures attaques contre la candidate démocrate. Faut-il que Donald Trump mette en avant le fait qu’elle ait mis en péril la sécurité nationale avec ses e-mails ? Faut-il rappeler que ce qui s’est passé à Benghazi en Libye la disqualifie pour être présidente ? Faut-il la décrire comme quelqu’un qui a trahi la classe moyenne au profit de Wall Street ? Ou encore est-elle l’incarnation de tout ce que les américains reprochent à Washington ?

Si vous êtes un électeur de Donald Trump, il n’y a aucune raison de ne pas répondre "oui" à toutes ces interrogations. La touche personnelle vient à la fin :

Avez-vous un conseil à donner à Donald Trump pour le prochain débat ? peut-on lire dans le questionnaire envoyé par... Donald Trump lui-même!

Rien ne manque donc au bréviaire anti-Hillary Clinton sauf les sujets scabreux, sa vie privée, son couple, son état de santé. Pour cela, Donald Trump ne consulte pas, il garde la surprise pour dimanche.

Visiblement en tout cas, le candidat républicain n’a pas l’intention de baisser le ton.

Il a encore été très actif sur les réseaux sociaux la nuit dernière. Assez banalement pour féliciter son vice-président, "large gagnant selon lui du débat des vice-présidents" :

Mais aussi de façon moins classique en relayant les commentaires injurieux envers Tim Kaine, le candidat démocrate à la vice-présidence . Ici, quelqu’un traite Tim Kaine de "menteur" pathologique, là un autre le compare à "un démon sorti d’un film de Batman".

Le Washington Post nous apprend pourtant que Trump est entouré de quatre conseillers pour surveiller son activité sur Twitter. Mais à l’évidence, Donald Trump préfère la fièvre de ses supporters à la prudence et aux avis de son entourage.

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