La question de l'optimisation fiscale, mais aussi celle du financement des campagnes, prennent de plus en plus de place dans le débat.

Donald Trump lors d'un meeting le 1er octobre
Donald Trump lors d'un meeting le 1er octobre © AFP / Jessica Kourkounis / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Au moment où tous les yeux sont braqués sur l’argent de Donald Trump et sur son optimisation fiscale qui lui a permis de ne pas payer d’impôt fédéral pendant presque 20 ans, on peut également regarder du côté d’Hillary Clinton et du financement de sa campagne où là aussi, l’utilisation habile de la loi permet de maximiser les gains.

Clinton contre le déplafonnement des dons en 2014

Il s’agit pourtant d’une législation que les démocrates ont fortement combattu. En 2014, en effet, la Cour suprême, saisie par le parti républicain et par un généreux mécène de l’Alabama, autorise le déplafonnement des dons, limités jusqu’alors à quelques milliers de dollars par personne pour éviter que les élus locaux ou nationaux ne dépendent trop des intérêts privés. A l’époque, rapporte le New York Times, Hillary Clinton dénonce un texte qui permet à 3 ou 4 personnes de financer l’ensemble du système politique.

On n’en est pas là, mais au mois de septembre la candidate démocrate a battu tous les records de rentrée financière, 154 millions de dollars de levée de fonds et le parti lui-même, endetté il y a encore un an, a pu financer pendant ce mois décisif de la campagne des publicités dans les Etats-clés du scrutin grâce à des chèques de plusieurs millions de dollars signés par le réalisateur James Cameron ou le banquier Georges Soros.

"Je vais changer le système dont j'ai profité", l'argument de Trump

Un porte-parole d’Hillary Clinton se défend en expliquant que le seul moyen de changer la loi c’est d’élire le 8 novembre une présidente démocrate et un Congrès à majorité démocrate. "Ce sera une priorité, ajoute Josh Schwerin, de redonner à chaque électeur sa juste place, mais l’enjeu est tel pour cette élection que nous ne pouvons pas désarmer unilatéralement".

Autrement dit : "Votez pour moi pour que je change un système dont je profite abondamment". Voilà exactement l’argument de Donald Trump à propos des impôts, "je suis celui qui en a le plus bénéficié, donc je suis celui qui peut régler le problème". Et l’on se dit que la démocratie américaine, c’est comme une entreprise qui confie sa sécurité informatique à des hackers qui connaissent toutes les ficelles du piratage.

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