Le 8 novembre, les électeurs américains choisiront leur président. En attendant, notre correspondant à Washington nous livre son billet quotidien sur la campagne.

USA2016 : Gary Johnson, l'autre candidat
USA2016 : Gary Johnson, l'autre candidat © Reuters / Mark Kauzlarich

Le troisième homme de la présidentielle américaine a un talent certain pour faire parler de lui lors de ses rares interventions télévisées. Il y a quelques semaines, le candidat du parti libertarien Gary Johnson était pris en flagrant délit d’ignorance, incapable de répondre à une question sur la Syrie, le désormais fameux, mais qu’est que c’est Alep ?

Visiblement, il n’a pas pris le temps depuis de réviser ses fiches de politique internationale puisqu’il a connu un nouveau moment de solitude à la télévision, incapable là de citer son dirigeant étranger favori.

Mais la politique c’est aussi l’art de mettre les rieurs de son côté. A l’antenne Gary Johnson fait donc dans l’auto-dérision en évoquant le retour d’Alep et voilà le tweet qu’il publie au lendemain de cette nouvelle gaffe. 24 heures après, la mémoire ne lui est toujours pas revenue

"C'était il y a presque 24 heures...et je ne me souviens toujours pas d'un dirigeant étranger que j'admire"

Apparemment en tout cas, les électeurs potentiels ne lui tiennent pas rigueur de ces lacunes. Gary Johnson reste dans les sondages autour de 10% d’intentions de vote, suffisamment pour avoir une capacité de nuisance surtout vis-à-vis d’Hillary Clinton.

Il séduit notamment l’électorat jeune, ces millenials pas emballés par la candidate démocrate. Peut-être y-a-t-il de la sympathie pour une sorte de Pierre Richard de la politique américaine, un gaffeur devenu culte et qui au moins fait preuve d’humour et de modestie ? Sans doute aussi ces épisodes confirment que décidément la politique étrangère ne fait pas l’élection. Si Barack Obama affirme lui-même que la Syrie n’est pas un enjeu majeur de sécurité nationale pour les Etats-Unis, pourquoi viendrait on reprocher à Gary Johnson d’ignorer Alep ? D’une certaine manière, Gary Johnson l’ancien gouverneur républicain du Nouveau-Mexique, tendance libertarien, donc anti-interventionniste et isolationniste est à sa façon dans l’air du temps.

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