Donald Trump a dénoncé publiquement le soutien reçu par le Klux Klux Klan. Pourtant, le candidat républicain ne peut pas totalement se passer des "voix blanches".

Donald Trump ne dénonce pas ces soutiens pour ne perdre de voix, comme en Utah, où son rival, Evan McMullin, subit une campagne de désinformation initiée par des militants nationalistes.
Donald Trump ne dénonce pas ces soutiens pour ne perdre de voix, comme en Utah, où son rival, Evan McMullin, subit une campagne de désinformation initiée par des militants nationalistes. © AFP / GEORGE FREY / GETTY IMAGES NORTH AMERICA /

C’est un des aspects les plus dérangeants de la campagne électorale : la mobilisation des courants suprématistes blancs autour de Donald Trump et le consentement, au mieux passif, du candidat républicain.

Et en ces derniers jours avant le scrutin, le soutien se manifeste spectaculairement à la une du Journal officiel du Ku Klux Klan. Le slogan du candidat "Make America Great Again" fait le gros titre, et l’article est sans ambiguïté : l’Amérique, est-il écrit, a été créé sur les bases d’une République blanche et chrétienne et le désir de la rendre à nouveau grande touche au cœur de tous ceux qui ne se reconnaissent plus dans la nouvelle image de l’Amérique.

The Crusader devient ainsi un des rares journaux américains à voter clairement en faveur de Donald Trump.

Des soutiens pas totalement assumés

Bien sûr, le candidat républicain ne professe pas une proximité idéologique avec ce courant, mais lui-même comme son colistier Mike Pence sont toujours très réticents à dénoncer ce soutien.

Pourtant, la longue bataille de Donald Trump contre Barack Obama et son insistance à ne pas reconnaître, contre toute évidence, que le président américain est bien né aux Etats-Unis, constitue autant de clins d’œil à cette partie de la population.

"Lui ne peut pas se permettre de rejeter une seule voix blanche"

Donc Donald Trump est l’instrument du déplacement vers le centre de la discussion de ces groupuscules marginalisés qui n’ont jamais admis l’élection d’un président noir. Lui, le candidat républicain, ne peut pas se permettre de rejeter une seule voix blanche, et eux, ces militants sont donc prêts à tout pour le faire élire.

Dans l’Utah, ainsi, un de ces militants nationaliste a décidé de sauver cet État "profondément républicain", menacé par un candidat indépendant. L’Utah c’est en effet le fief des mormons ; le dernier prétendant républicain Mitt Romney y était chez lui.

Une campagne homophobe dénoncée par l’équipe de campagne de Trump, mais…

Cependant, les outrances de Donald Trump dérangent et les sondages indiquent que l’Utah pourrait être le seul État à ne pas voter Trump ou Clinton. Le troisième homme s’appelle Evan McMullin, une figure locale, qui n’a aucune chance ailleurs, mais qui est au coude à coude dans les enquêtes d’opinion sur un programme républicain conservateur traditionnel.

Pour le déstabiliser, ce nationaliste blanc s’est lancé dans une campagne téléphonique massive de dénigrement, présentant Evan McMullin comme un homosexuel caché, argument censé porter auprès des religieux mormons. Démenti du candidat sur le mode "je ne devrais pas avoir besoin de me justifier".

"Mon devoir est de faire élire Donald Trump" raconte le militant à un journal local. Un soutien dont Trump s’est démarqué immédiatement en dénonçant ces méthodes. Mais peut-être ce genre de campagne homophobe lui permettra-t-elle d’obtenir les six délégués de l’Utah indispensables à sa conquête de la Maison Blanche.

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