Dans de nouveaux témoignages révélés par le New-York Times, plusieurs femmes accusent Donald Trump de harcèlement sexuel, malgré ses démentis formels.

Donald Trump porte une pancarte lors d'un meeting à Lakeland en Floride, le 12 octobre 2016
Donald Trump porte une pancarte lors d'un meeting à Lakeland en Floride, le 12 octobre 2016 © Reuters / Mike Segar

Nouveau coup dur pour le candidat républicain à la Maison Blanche, déjà en mauvaise posture après la révélation d’une vidéo qui le montre en train de tenir des propos sexistes et orduriers: cette fois, plusieurs femmes ont accusé mercredi Donald Trump de harcèlement sexuel.

Les propos de la vidéo de 2005 exhumée par le New-York Times ont poussé Jessica Leeds et Rachel Crooks à confier au même journal leurs témoignages sur des attouchements sexuels dont elles n'avaient jamais fait part publiquement auparavant.

Comme une pieuvre

La première, Jessica Leeds, reproche à Donald Trump de l'avoir touchée alors qu'elle était assise à côté de lui dans un avion il y a plus de trois décennies : "Il était comme une pieuvre (...) ses mains étaient partout", a affirmé Mme Leeds aujourd'hui âgée de 74 ans, et dont les proches ont aussi été questionnés par le quotidien new-yorkais. Elle a expliqué avoir ensuite changé de siège dans l'avion et choisi de ne rien dire jusqu'au débat présidentiel de dimanche où les propos de Trump, se dédouanant de tout comportement agressif envers des femmes, l'ont révulsée.

►►► ÉCOUTER | "Jessica Leeds n'a jamais oublié sa rencontre avec Donald Trump en 1980" le reportage, à Washington, de Frédéric Carbonne

La seconde affirme que Donald Trump l'a embrassée contre son gré en 2005 lorsqu'elle travaillait comme réceptionniste dans la tour Trump Tower : Rachel Crooks n'avait alors que 22 ans. A la sortie d'un ascenseur, après avoir simplement fait connaissance et échangé une poignée de main, "il m'a embrassé directement sur la bouche", a-t-elle affirmé. "J'étais complètement bouleversée qu'il me pense insignifiante au point de pouvoir faire ça", s'est-elle souvenue.

Menaces de poursuites

"Cet article tout entier est de la fiction, et le fait que le New York Times lance ces accusations complètement fausses (...) à propos de la personnalité de M. Trump sur un tel sujet est dangereux", a rapidement réagi dans un communiqué un responsable de la campagne Trump, Jason Miller.

Le fait que ces témoignages "ne soient rendus publics que des décennies plus tard dans le dernier mois de la campagne présidentielle devrait être suffisant" à les décrédibiliser, explique encore le porte-parole du candidat.

Outre le témoignage des deux femmes, le New York Times évoque le cas de Temple Taggart, une ancienne miss Utah qui avait déjà livré un témoignage affirmant que M. Trump l'avait embrassée de force à plusieurs reprises.

Deux autres médias, le Palm Beach Post en Floride et une chaîne du réseau NBC dans la région de Seattle ont rapporté les propos de femmes accusant le candidat. Il s'agit de Mindy McGillivray qui affirme avoir subi des attouchements dans la propriété de Trump à Mar-a-Lago il y a 13 ans et de Cassandra Searles, une ancienne miss Washington expliquant avoir aussi été pelotée par M. Trump.

Donald Trump lui-même avait été interrogé par le New York Times mardi soir dans une interview téléphonique dont le journal a rapporté des extraits. "Rien de tout cela ne s'est jamais produit", a affirmé M. Trump, en ajoutant que la journaliste qui l'interrogeait était 'une personne dégoutante', et menaçant de poursuivre le journal en justice si les témoignages de Jessica Leeds et Rachel Crooks étaient publiés.

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