La campagne de vaccination outre-Rhin devrait atteindre ce dimanche 2 mai plus de quatre millions d’injections en sept jours dont plus d'un million pour la seule journée de mercredi, un chiffre record jusqu'à présent en Europe. Mais pourquoi (en ce moment) l’Allemagne s’en sort mieux que la France ?

Un des 440 vaccinodromes d'Allemagne, ici l'Arena à Berlin, quartier Alt-Treptow
Un des 440 vaccinodromes d'Allemagne, ici l'Arena à Berlin, quartier Alt-Treptow © Radio France / Ludovic Piedtenu

Le mois d’avril avait déjà commencé sur un rythme bien différent. Rien à voir avec le début de la campagne : un premier trimestre très poussif, faute de doses en nombre suffisant pour vacciner rapidement les plus âgés dans le pays d’Europe qui en compte le plus. Ce mois d’avril vient donc de se terminer en établissant chaque jour de la semaine un nouveau record par rapport au même jour des trois semaines précédentes pourtant déjà de très bon niveau : on était autour de trois millions et demi d’injections hebdomadaires. Là c’est un million de plus. 

Plus de quatre millions et demi d'injections en sept jours

D’ici ce dimanche soir 22h, heure de fermeture habituelle des 440 vaccinodromes, l’Allemagne devrait donc avoir administré en sept jours plus de quatre millions et demi de doses. Soit quasiment deux millions de plus qu’en France. L’Allemagne doit ce sursaut d’avril à au moins trois nouveautés :

  • La fin du feuilleton AstraZeneca

Le vaccin mal aimé dont les stocks s’accumulaient au point qu’ils risquaient d’être jetés. Si bien qu’il y a 10 jours (depuis le 22 avril), une ville comme Berlin l’a rendu accessible à tous provoquant une ruée chez les médecins généralistes. 

  • La vaccination par les médecins de ville

C’est l’autre raison, ces 50 000 cabinets médicaux ont fait leur entrée dans cette campagne entraînant un bond surtout des premières doses qu’ont reçu désormais 27% des adultes allemands (3 points de plus qu’en France), avec une interprétation très libre du concept gouvernemental de groupes à vacciner en priorité. Ces professionnels de santé ont aboli ce qu’ils considéraient comme une contrainte. 

  • Écart plus important entre deux doses

Dernier élément, l’augmentation conséquente de l’intervalle entre deux doses, fait que l’Allemagne a revu sa copie très prudente des débuts. Elle tape dans des stocks qui provoquaient jusqu’à présent l’incompréhension d’une partie de l’opinion publique et des professionnels. Dans les 16 Länder allemands, on a donc utilisé ces tous derniers jours deux fois plus de vaccins que ce qui avait été livré en début de semaine. A ce rythme là on pourrait penser que l’Allemagne va se retrouver en pénurie. Mais non, puisque le calendrier prévoit maintenant des livraisons un peu plus importantes chaque semaine.

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