Vanuatu après le cyclone Pam
Vanuatu après le cyclone Pam © MaxPPP

Les premières cargaisons d'aide humanitaire sont arrivées dimanche au Vanuatu, où les autorités ont décrété l'état d'urgence après le passage dévastateur du cyclone Pam, qui a rasé des milliers d'habitations et rompu partiellement les communications au sein de cet archipel du Pacifique.

A Sendai, au Japon, où il participe à la troisième conférence mondiale des Nations unies sur la réduction des risques de catastrophe, le président du Vanuatu a dit "redouter le pire".

Selon Baldwin Lonsdale :

Les gens ont trouvé refuge où ils le pouvaient pour la nuit. L'état des dégâts est encore en cours d'évaluation, nous ne connaissons pas précisément leur étendue. J'espère vraiment que le nombre de victimes sera mineur.

Son ministre du Changement climatique, James Bule, a souligné pour sa part que la population du Vanuatu était habituée aux tempêtes, même si elles sont rarement d'une telle violence, et savait ce qu'il convient de faire. Les dégâts matériels, eux, devraient être très étendus.

Selon Paul-Marie Claudon, directeur de cabinet du haut-commissariat de la République :

La première nécessité c'est de rétablir l'alimentation électrique.

Evaluer les besoins

Un avion militaire néo-zélandais transportant huit tonnes d'équipements et une première équipe de secouristes a pu atterrir sur l'aéroport de Port-Vila, la capitale, partiellement rouvert. L'Australie a envoyé deux appareils militaires, dont l'un achemine des équipes médicales, des secouristes et du matériel d'urgence. Un avion de l'armée française a décollé dimanche de Nouvelle-Calédonie avec une équipe d'évaluation à son bord.

Cette première mission, en coordination avec les autorités néo-zélandaises et australiennes, a pour but d'établir prioritairement un "pont de communication" pour pallier les dégâts provoqués par le cyclone sur les réseaux, effectuer une reconnaissance des zones touchées et définir les priorités concernant les besoins de la population sinistrée, précise dans un communiqué le Haut Commissariat de la république en Nouvelle-Calédonie.

Selon Jean-Jacques Eledjam, président de la Croix-Rouge :

Cet archipel est à nu aujourd'hui. Le problème est de réinstaller les gens dans des abris.

Une équipe des Nations unies doit également arriver sur place dimanche pour effectuer une première évaluation des dégâts après le passage du cyclone de catégorie 5, le niveau maximal, qui, à son paroxysme, a recouvert entièrement l'archipel sur les images satellites tout en le balayant avec des rafales de vent supérieures à 300 km/h. La configuration de l'archipel, composé de 83 îles, pourrait entraver le déploiement des secours.

Des témoins ont parlé de vagues de huit mètres de haut, qui, conjuguées aux fortes pluies, ont provoqué des inondations. Port-Vila, jonchée de débris, offre un spectacle de désolation, comme si une énorme bombe avait explosé au milieu de la ville. D'après les autorités, la plupart des bâtiments ont été détruits et des milliers d'habitants se retrouvent sans abri. Certains ont afflué vers des centres d'hébergement provisoire, d'autres restent hébétés au milieu des ruines de leur maison.

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