Contaminations, pression hospitalière, questions sur les admissions d'enfants à l'hôpital : ces cinq graphiques vont vous aider à y voir plus clair sur la situation épidémique en Angleterre.

Les hôpitaux, comme ici à Londres-Saint Thomas, sont soumis à une pression croissante après des records de cas quotidiens de Covid-19 en Angleterre.
Les hôpitaux, comme ici à Londres-Saint Thomas, sont soumis à une pression croissante après des records de cas quotidiens de Covid-19 en Angleterre. © AFP / Justin Tallis

Le Royaume-Uni connait actuellement une flambée des cas de coronavirus. Jeudi, le gouvernement britannique a étendu à de nouvelles régions de l'Angleterre les mesures de confinement déjà en vigueur dans le sud de Londres. Les Midlands, le Nord-Est, plusieurs régions du Nord-Ouest et certaines zones du Sud-Ouest sont désormais concernées. Les magasins non essentiels et les lieux recevant du public doivent notamment fermer et la rentrée, prévue lundi, a été en partie différée. Cette rapide progression de l'épidémie est due au variant du Sars-Cov-2, plus contagieux que la souche originale et qui circule "à un rythme effrénée" parmi la population, d'après le Premier ministre britannique, Boris Johnson. 

Dans une interview accordée dimanche à la BBC, ce dernier n'exclut pas des restrictions encore plus sévère dans "les prochaines semaines". La fermeture des écoles, comme au mois de mars, est envisagée. À Londres et dans le sud-est de l'Angleterre, la rentée des classes a déjà été repoussée. À noter que l'Ecosse, le Pays de Galles et l'Irlande du Nord gèrent de façon autonome ces questions de santé publique. 

Les contaminations sont en forte hausse

Depuis le début du mois de décembre, les courbes s'enflamment, notamment en Angleterre. Le taux d'incidence (nombre de cas pour 100.000 habitants) a plus que doublé en l'espace d'un mois passant de 150 cas début décembre à plus de 400 au début de cette nouvelle année. 

Comme le montre ce graphique, l'Angleterre enregistre plus de 30.000 nouveaux cas quotidiens depuis le 25 décembre 2020 et au-delà de 40.000 cas depuis le 1er janvier. 

Pression hospitalière

Dans les hôpitaux, la tendance est identique : comme le montrent ces graphiques, les admissions hospitalières et le nombre de patients hospitalisés atteint des stades identiques à ceux du début du mois d'avril. La nouvelle souche du coronavirus, qui serait apparue au début de l'automne, à Londres ou dans le Kent, serait à l'origine de cette tension hospitalière importante. 

Le nombre quotidien de personnes admises à l'hôpital a dépassé fin décembre les 2300 personnes. 

Le nombre de patients actuellement hospitalisés (plus de 20.000 personnes) dépasse les seuils atteints au pic du mois d'avril. Au 1er janvier, quelque 1700 patients se trouvaient en réanimation soit quasi autant que début mai

Plus de contaminations chez les enfants ?

Ces derniers jours, le témoignage d'une infirmière en chef de l'hôpital de Londres a semé le doute sur la situation épidémique et notamment la situation des plus jeunes face à la Covid-19. Jugeant la situation "effrayante", elle alertait sur des admissions importantes d'enfants à l'hôpital. Samedi, le Collège royal de la pédiatrie et de la santé infantile et plusieurs experts ont pourtant démenti ses affirmations. "Nous ne constatons pas de pression significative de l'épidémie en pédiatrie", disent-ils dans un communiqué commun

Comme le montre ce graphique interactif (vous pouvez faire apparaître ou disparaitre des catégories), la part des enfants et adolescents admis ces derniers jours n'est pas très importante, comparativement à celle des plus âgés. Pour les catégories 0-5 ans et 6-17 ans, on ne compte pas plus d'une vingtaine d'admission maximum chaque jour pour toute l'Angleterre. Les deux courbes, verte et jaune, sont d'ailleurs écrasées en bas de graphique. Les admissions des plus de 65 ans, elles, sont bien plus importantes avec, au 30 décembre, 1460 personnes admises à l'hôpital dans les catégories 65-84 et plus de 85 ans. Ce même jour, 35 mineurs ont été admis. 

On constate donc bien une augmentation des admissions, y compris chez les plus jeunes, depuis le début du mois, mais les chiffres sont peu éclairants. 

Quant à l'impact du variant du virus, beaucoup plus contagieux, il n'est pas à négliger. Le taux d'indicence a significativement augmenté ces dernières semaines en Angleterre et les plus jeunes sont aussi concernés. Néanmoins, il n'y a pas de lien logique avec une hausse des admissions à l'hôpital. "L'écrasante majorité des enfants et des jeunes ne présentent aucun symptôme ou seulement une maladie très bénigne", rappelle d'ailleurs le Collège royal de la pédiatrie et de la santé infantile.

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