Confinement total en Grande-Bretagne depuis mardi : la version "britannique" de la Covid-19 pourrait faire des ravages en Europe et bien au-delà.

Illustration du variant britannique de la Covid-19.
Illustration du variant britannique de la Covid-19. © AFP

C'est la raison principale donnée par Boris Johnson pour reconfiner complètement le pays pour la troisième fois et ce pour les quatre prochaines semaines, au moins. Le variant britannique de la Covid-19, ou plus précisément la mutation du virus identifiée en Grande-Bretagne en décembre. Baptisée SARS-CoV-2 VOC 202012/01, où VOC signifie "Variant Of Concern" ou variant inquiétant, elle est l'une des multiples évolutions du virus observée depuis février 2020 mais qui, avec cette fois une vingtaine de mutations simultanées a laissé pantois les chercheurs britanniques l'ayant identifiée.

Ce variant ne semble pas plus dangereux que les précédents, en termes de sévérité de la maladie mais beaucoup plus enclin à se propager. C'est en tout cas le principal responsable de la diffusion quasi catastrophique de l'épidémie en Grande-Bretagne ces dernières semaines, selon les services épidémiologiques britanniques.

Le principal conseiller scientifique du gouvernement de Boris Johnson, Patrick Vallance précisait lors d'une conférence de presse à la mi-décembre, que le variant semblait impliquée dans 26% des contagions à la mi-novembre et "probablement bien davantage en décembre ; à Londres, plus de 60% des nouveaux cas sont ressortis au variant". Et celle-ci s'est répandue bien au-delà des îles britanniques.

Plus d'une quinzaine de pays concernés en Europe

D'ores et déjà, 16 autres pays européens ont repéré des porteurs de ce variant : la Belgique, Chypre, le Danemark, la Finlande, l'Allemagne la Grèce l'Islande, l'Irlande, l'Italie, le Liechtenstein, les Pays-Bas la Norvège le Portugal et l'Espagne.

Sans oublier la France bien entendu, où il a été identifié une première fois à Tours le 25 décembre. Mais il semble avoir essaimé bien au-delà de l'Europe puisque 20 autres pays, du Vietnam aux États-Unis, le signalent également.

À vrai dire, nul ne sait si le variant dit britannique est bien "britannique", comme le remarque l'épidémiologiste américain William Hanage, dans le magazine Science. Il se pourrait que les Britanniques aient surtout identifié en premier cette mutation du virus tout simplement"parce qu'ils disposent du système de surveillance par séquençage génomique le plus sophistiqué du monde" et que "de nombreux pays ne pratiquent que très peu le séquençage, voire pas du tout".

Le variant sud-africain inquiète aussi

Le variant britannique n'est pas le seul à inquiéter. La version dite "sud-africaine" du virus, identifiée le 18 décembre et baptisée 501Y.V2, à cause d'une mutation sur le gène N501Y (également présente sur le variant britannique), semble largement responsable de la flambée de l'épidémie en Afrique du Sud, ces dernières semaines. Notamment dans les provinces du Cap et du KwaZulu-Natal, alors que le continent semblait jusque-là relativement épargné par la pandémie. 

Comme pour le variant britannique, il ne semble pas entraîner de formes plus sévères de la maladie, mais les premières études indiquent que sa charge virale est beaucoup plus importante. Plus inquiétant sans doute, lundi, le ministre de la Santé britannique Matt Hancock avertissait que les vaccins actuellement administrés un peu partout dans le monde pourraient se révéler inefficaces face à la version sud-africaine du virus.

Une campagne de test de ces vaccins quant à leur efficacité contre le 501Y.V2 est actuellement en cours en Afrique du Sud. Pour le moment, trois pays européens ont signalé sur leur sol le variant sud-africain : la Finlande, la Suède... et la France.