Samedi, les tensions sont encore montées d'un cran au Venezuela : les militaires, fidèles à Nicolas Maduro, ont empêché l'entrée de convois humanitaires dans le pays. Alors que l'opposant Juan Guaido doit assister lundi à une réunion internationale en Colombie, Washington estime que "le temps est venu d'agir".

Des véhicules qui devaient fournir de l'aide humanitaire ont été endommagés
Des véhicules qui devaient fournir de l'aide humanitaire ont été endommagés © AFP / Luis ROBAYO

Les États-Unis mettent la pression sur le régime de Nicolas Maduro, au Venezuela. Dans la nuit de samedi à dimanche, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a tweeté un message aux airs menaçants : "Les États-Unis vont passer aux actes contre ceux qui s'opposent à la restauration pacifique de la démocratie au Venezuela. Maintenant, le temps est venu d'agir pour soutenir les besoins du peuple vénézuélien désespéré", a-t-il déclaré, qualifiant de "brutes" les membres des forces de l'ordre vénézuéliennes qui ont participé à la répression des manifestations samedi. 

Dans la journée de samedi, en effet, plusieurs troubles ont éclaté aux frontières avec la Colombie d'une part et le Brésil d'autre part. Les manifestants attendaient l'entrée de convois d'aide humanitaire à la demande de Juan Guaido, opposant reconnu par une partie de la communauté internationale comme le nouveau président du pays. Or plusieurs postes-frontières sont encore tenus par l'armée fidèle à Nicolas Maduro et ont bloqué l'entrée de ces camions dans le pays. A la frontière colombienne, deux camions remplis de médicaments ont été incendiés, forçant la Colombie à ordonner au reste du convoi de rebrousser chemin. A la frontière du Brésil, d'autres camions d'aide ont dû rebrousser chemin : 

"Guaido nous a donné l'ordre de préserver les produits, nous volons passer de manière pacifique (...). Notre bien le plus précieux, c'est notre vie, nous ne voulons pas nous faire massacrer".

Un bateau parti de Porto-Rico a également du faire marche arrière pour cause de "menaces directes de tir" de l'armée vénézuélienne. Dans ces affrontements, selon l'ONG Foro Penal, 300 personnes (dont des Colombiens) ont été blessées, et deux tuées, dont un garçon de 14 ans. "Ils ont tiré des gaz lacrymogènes, beaucoup, on ne pouvait pas résister, on perdait des forces. Et alors qu'on essayait de retrouver notre souffle, ils nous ont tiré dessus", explique l'un des blessés. L'ONG accuse directement des militaires vénézuéliens d'avoir ouvert le feu sur la foule. 

"Cette action pacifique et de caractère humanitaire a été interrompue depuis le Venezuela sous le régime usurpateur de Maduro, avec une répression violente et disproportionnée", a dénoncé le ministre colombien des Affaires étrangères. Quant à Juan Guaido, qui a passé vendredi la frontière colombienne malgré une interdiction de quitter le pays, il a appelé, samedi, la communauté internationale à "envisager toutes les éventualités" face à Maduro. Lundi, il participera à une réunion du Groupe de Lima, avec quatorze pays d'Amérique du Sud, à Bogota

Nicolas Maduro, qui n'est plus reconnu par l'Etat colombien comme président du Venezuela, a annoncé de son côté la rupture des discussions avec "le gouvernement fasciste de Colombie" et a donné 24 heures à l'ambassadeur de Colombie et aux consuls pour quitter le pays. "Dehors, les oligarques", a-t-il lancé

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