Pour faire face à l'hyperinflation qui touche le pays, le président Nicolas Maduro va supprimer cinq zéros du bolivar, la monnaie vénézuélienne.

Nicolas Maduro va finalement retrancher cinq zéros de sa monnaie : le bolivar
Nicolas Maduro va finalement retrancher cinq zéros de sa monnaie : le bolivar © Maxppp / EPA / Miguel GUTIERREZ

Face à une inflation galopante qui atteint des seuils jamais vus – le FMI craint qu'elle frôle les 1 000 000 % d'ici à fin décembre – le gouvernement Maduro tente toujours de mettre en place les solutions économiques qu'il n'a pas su trouver jusqu'ici, mais doit aussi résoudre le problème quotidien de sa monnaie.

Il y a de plus en plus de coupures en circulation et l'actuel plus gros billet, le 100 000 bolivars, permet tout juste de s'acheter un café.

Le président Maduro a annoncé en mars dernier que, pour lutter contre cette hyperinflation, des nouveaux billets de banque seraient mis en circulation le 4 juin, et qu'ils comporteraient trois zéro de moins. L'actuel plus gros billet, celui de 100 000 bolivars, deviendrait un billet de 100.

Mais la production de la nouvelle monnaie ayant déjà été reportée à la demande de la Banque centrale et l'inflation continuant sa course folle, Maduro a pris une décision encore plus radicale le 26 juillet dernier. Finalement ce ne seront plus trois mais cinq zéros qui vont être retranchés de la monnaie nationale.

Le 20 août démarre le plan de redressement économique avec la reconversion monétaire, cinq zéros en moins pour avoir un nouveau système financier et monétaire stable.

Les nouvelles coupures devraient remplaceront celles mises en circulation fin 2016 pour faire face à un manque de liquidités tellement important que des émeutes avaient eu lieu en décembre, alors que la Banque centrale n'arrivait pas à fabriquer assez rapidement pour satisfaire les besoins quotidiens des Vénézuéliens.

En dix ans, la monnaie nationale aura perdu huit zéros, puisqu'en 2008, sous la présidence d'Hugo Chavez, le gouvernement avait déjà lancé une nouvelle monnaie, baptisée le "bolivar fort", ôtant trois zéros à l'ancien bolivar.

Ces coupures avec cinq zéro de moins devraient, selon Nicolas Maduro, "faciliter les transactions financières" dans un pays qui subit des sanctions financière américaines et dans lequel la production de pétrole a baissé de moitié en un an. Le Venezuela tire 96% de ses revenus du brut.  Les finances du pays sont exsangues. 

Le chef de l'État vénézuélien soutient que la crise économique et l'hyperinflation dans son pays sont la conséquence d'une "guerre économique" livrée par la droite vénézuélienne et les États-Unis pour le renverser.

La pénurie de nourriture, les difficultés croissantes pour l'accès à la santé, à l'électricité, à l'eau, aux transports, combinées aux problèmes d'insécurité, ont fait fuir en masse la population qui se réfugie notamment en Colombie et au Brésil. On estime que 1,6 million de Vénézuéliens ont émigré depuis 2016.

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