Le principal syndicat de journalistes du pays a manifesté samedi pour dénoncer la fermeture de 49 radios et chaînes de télévision alors que le gouvernement organise des manœuvres.

L'opposition vénézuélienne continue de se mobiliser
L'opposition vénézuélienne continue de se mobiliser © Reuters / Andres Martinez Casares

Le Venezuela est confronté depuis début avril à une violente vague de contestation qui a fait au moins 125 morts et des milliers d'arrestations. Le secteur des médias n’est pas épargné puisque pour la seule année 2017, 49 médias, radios et télé, ont été fermés par le gouvernement, dénonce le principal syndicat de journalistes du pays,

Mercredi, la Commission nationale des communications a ordonné la coupure du signal de RCN et Caracol, deux grandes chaînes de télévision privées par abonnements.

Cette même commission a décidé de couper le signal de deux célèbres radios de Caracas, 92.9 FM et Magica 91.1 FM, présentes sur les ondes depuis près de 30 ans. Une annonce qui a fait descendre dans la rue un groupe journalistes qui a manifesté contre la censure qui touche les médias vénézuéliens.

Selon Marco Ruiz, secrétaire général du Syndicat national des travailleurs de la presse (SNTP), le gouvernement de Nicolas Maduro applique "une politique systématique d'encerclement et d'asphyxie de tous les espaces permettant encore une libre expression et l'exercice de la critique et de la dissidence"."Nous en arrivons à une phase très avancée en terme de contrôle de l'opinion", a alerté de son côté le secrétaire général du Collège national des journalistes (CNP), Delvalle Canelón.

La retransmission des chaînes étrangères a également été restreinte par le pouvoir. En février, c'est le signal en espagnol de la chaîne de télévision américaine CNN qui a été fermé pour cause de "propagande guerrière" par le président Maduro, et en avril les chaînes colombiennes El Tiempo et argentine Todo Noticias.

L’armée vénézuélienne organise des manœuvres

C’est par des messages diffusés par la télévision publique vénézuélienneque le gouvernement a appelé la population à "défendre la nation" ."Contre les menaces belliqueuses des Etats-Unis, tous les Vénézuéliens âgés de 18 à 60 ans sont incités à contribuer à la défense de la nation". Le gouvernement a également lancé sur Twitter le hashtag #EsHoraDeDefenderLaPatria (L'heure est venue de défendre la patrie).

Une démonstration de force organisée en réponse à la déclaration de Donald Trump, il y a quelques semaines, évoquant "une possible option militaire si nécessaire" au Venezuela. L'armée vénézuélienne a donc répondu à la demande de Nicolas Maduro à la mi-août. Depuis la Maison Blanche a renoncé à cette idée, mais les manœuvres militaires à travers le pays ont été maintenues ainsi que l'incitation à la population pour qu'elle rejoindre l'armée de réserve.

A Caracas, '"une marche anti-impérialiste" où défilaient des partisans du gouvernement vêtus de rouge de tout âge, après d'être essayés au maniement du fusil ou aux techniques de combat, a clos le défilé des forces de l'ordre et des miliciens.

Après des exercices de tir samedi, des manœuvres de combat sont prévues dimanche. Quelque 200.000 soldats et 700.000 miliciens, réservistes et civils doivent participer ce week-end aux exercices de la "souveraineté bolivarienne 2017".

Fin juillet, Maduro a fait élire une Assemblée constituante, contestée par l'opposition et par une grande partie de la communauté internationale. Une constituante qui s'est emparée des pouvoirs législatifs de l'Assemblée nationale, la seule institution du pays contrôlée par l'opposition depuis la fin 2015 et a été chargée de réécrire la Constitution de 1999 promulguée par Hugo Chavez.

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