Alors que le Vénézuela est plongé dans une grave crise économique, le Conseil National Électoral du pays se prononce sur la validité des signatures déposées par l'opposition.

Sept vénézuéliens sur dix se disent mécontents de la gestion par le gouvernement Maduro de la crise économique sans précédent qui frappe le Venezuela
Sept vénézuéliens sur dix se disent mécontents de la gestion par le gouvernement Maduro de la crise économique sans précédent qui frappe le Venezuela © Maxppp / Miguel Gutierrez

C’est une nouvelle étape dans le (long) processus de destitution qui vise le président vénézuélien Nicolas Maduro : le Conseil national électoral (CNE) du pays doit se réunir ce lundi pour répondre à l'opposition qui veut organiser un référendum sur le départ du président de ce pays pétrolier confronté à une grave crise économique.

Pour organiser le scrutin, l’opposition a récolté les signatures de 2 millions d’électeurs, dont 1,3 million ont été validées par le CNE. Parmi ces signataires, 200.000 ont dû se déplacer en personne pour confirmer leur choix. C’est sur la validation de cette étape précise que l’autorité électorale doit se prononcer ce lundi, après un mois d’audit et le report de l’annonce d’une semaine.

Pénuries, hyperinflation, chute du prix du pétrole,…

Si le CNE donne son feu vert, l’opposition, incarnée par la coalition de centre-droit, baptisée Table de l'unité démocratique (MUD), devra de nouveau partir à la chasse aux signatures, pour en récolter cette fois 4 millions, ce qui correspond à 20% du corps électoral.

Or, la MUD veut à tout prix que le référendum ait lieu avant le 10 janvier 2017, car si Nicolas Maduro est révoqué avant cette date, il y aura des élections anticipées. En revanche, si la consultation se déroule après et si le chef de l'Etat la perd, il pourra désigner son vice-président pour le remplacer.

Un cas de figure qui irait à l’encontre du but affiché des opposants au successeur d’Hugo Chavez : ils souhaitent mener au plus vite des réformes économiques, pour enrayer la crise économique sans précédent qui frappe le pays. La MUD rend en effet le gouvernement chaviste responsable des pénuries alimentaires, de l'hyperinflation et, plus généralement, de la situation de plus en plus chaotique au Venezuela qui, bien que disposant des plus grandes réserves de pétrole du monde, subit de plein fouet la chute des cours du brut.

"Il y a deux options à l'heure actuelle: le bon sens, ou bien la crise se prolonge et le pays peut exploser à tout moment", a averti Julio Borges, député et chef de la majorité parlementaire, détenue par la MUD.

L'un des principaux sujets de préoccupation des vénézuéliens est de trouver de quoi se nourrir : les prix ont flambé et les supermarchés sont mal approvisionnés. Pour faire face à cette situation, qui provoque le mécontentement de sept vénézuéliens sur dix, le président Maduro a placé sous la responsabilité directe du ministre de la défense l'ensemble des ministères liés à la production et à la distribution alimentaire.

Négociations avec le secteur privé

Car cette production et cette distribution sont largement gangrénées par des mafias locales : les aliments qui arrivent dans les ports sont récupérés par les contrebandiers qui les revendent à des prix très élevés.

Pour enrayer de façon pérenne la crise alimentaire, l’économiste Julio Escalona préconise de développer l’agriculture, le maillon faible de l’économie, en adoptant des mesures à moyen et long terme.

En attendant, explique l’analyste, « le gouvernement négocie avec les entreprises privées pour relancer la production nationale ». La multinationale Nestlé, par exemple, va travailler avec le ministère de l’agriculture pour fabriquer 32 produits qui étaient jusque-là importés : elle apportera de la technologie aux agriculteurs pour produire des laitages, du cacao, des végétaux, de la viande, des céréales et des fruits.

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