Jusqu'ici le pape François n'a pas réussi à convaincre Nicolas Maduro.

Les activistes pro-gouvernement soutiennent l'Assemblée constituante du Venezuela  (Caracas, le 7 août 2017)
Les activistes pro-gouvernement soutiennent l'Assemblée constituante du Venezuela (Caracas, le 7 août 2017) © AFP / FEDERICO PARRA

80% de la population vénézuélienne est de confession catholique. Alors que la crise s'intensifiait en octobre 2016, l'Eglise a tenté, sans succès, de jouer les médiateurs.

Le pape François a reçu trois fois Nicolas Maduro pour qu'il accepte de dialoguer avec l'opposition.

L'épiscopat du Venezuela ne veut plus discuter avec Maduro

Mais tout semble aujourd'hui plus compliqué car le Saint Père a du mal à convaincre ses propres représentants dans le pays. Les évêques vénézuéliens eux aussi ont durci le ton et la mise en place d'une assemblée constituante n'a semble-t-il rien arrangé.

Gianni La Bella, représentant de l'influente communauté Sant'Egidio, est chargé du dossier vénézuélien pour tenter de mettre en place une médiation. Il estime que "le pape s’est engagé personnellement mais l’épiscopat du pays n’est pas convaincu de ce dialogue. Les évêques locaux voudraient bien discuter avec le pouvoir, mais après la démission de Maduro ; l’Assemblée constituante n’est pas une solution pour l’avenir , car elle ne représente pas le pays. Elle va changer la constitution pour faire advenir un pays autoritaire. Mais il n’y a pas d’autre solution que le dialogue car l’alternative c’est la guerre civile".

L'opposition, qui a boycotté les élections constituantes, réclame la tenue d'un scrutin présidentiel en vue de remplacer l'impopulaire Nicolas Maduro, dont le mandat a été marqué par une sévère récession économique, source de pénuries.

Les violences entre manifestants et forces de l'ordre ont officiellement coûté la vie à plus de 120 personnes depuis le début du mouvement de contestation anti-Maduro au mois d'avril.

La diplomatie du Saint-Siège

Le pape François avait joué un rôle de médiateur important, salué par Barack Obama, dans le rapprochement entre les États-Unis et Cuba. Barack Obama et le dirigeant cubain Raúl Castro l'avaient salué dans leurs discours.

Le Vatican a un rôle d’acteur international et ce statut a été reconnu depuis les accords de Latran : on attribue au Saint-Siège un statut égal à celui des autres États, même s’il n’est dans les faits qu’un gouvernement. C’est la seule autorité religieuse disposant d’un tel statut en droit international public. L’Italie reconnaît la souveraineté du Saint-Siège dans le domaine international comme un attribut inhérent à sa nature, en conformité avec sa tradition et avec les exigences de sa mission dans le monde. Il bénéficie d'une représentation dans 11 organisations internationales intergouvernementales. Aux Nations-Unies il fait partie des Etats observateurs.

Concernant la Syrie, le pape François avait écrit à Vladimir Poutine, et en mai 2014, il a invité les présidents israélien et palestinien à prier ensemble au Vatican.

Maduro et son Assemblée constituante

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a consacré l'Assemblée constituante comme la plus haute instance du pays lors de sa première apparition devant la chambre, alliée du parti socialiste.

Le chef de l'Etat socialiste a dit se soumettre aux pouvoirs de l'Assemblée constituante entrée en fonction il y a six jours.

L'élection le 30 juillet dernier des 545 membres de l'Assemblée a déclenché des condamnations internationales, de nombreux pays jugeant qu'elle usurpait l'autorité de l'Assemblée nationale, où l'opposition est majoritaire.

La chambre, où ne siègent que des alliés des socialistes, pourrait en outre permettre à Nicolas Maduro de s'arroger les pleins pouvoirs.

Le chef de l'Etat a présenté l'élection comme le seul moyen de résoudre la crise politique qui agite le pays, après quatre mois d'une vague de contestation qui a fait plus de 120 morts.

Les craintes de l'opposition ont été confirmées lors de la première session de travail de la chambre le 5 août, ses membres limogeant à l'unanimité la procureure générale du pays Luisa Ortega, principale opposante à Maduro à l'intérieur des cercles du pouvoir.

Convoquée par la justice, l'ancienne procureure est désormais en fuite et se déplace de refuge en refuge.

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