La ministre des Armées, Florence Parly, présente ce mercredi le rapport 2018 des ventes d'armes de la France à travers le monde. Elle est entendue devant la commission de la Défense de l’Assemblée nationale. Qui sont les plus gros clients de la France en la matière ?

Les hélicoptères et leurs équipements ont représenté en 2017 plus du quart des prises de commandes
Les hélicoptères et leurs équipements ont représenté en 2017 plus du quart des prises de commandes © AFP / MUSTAFA YALCIN / ANADOLU AGENCY

La France est le troisième pays exportateur d'armes dans le monde après les États-Unis et la Russie. Selon le rapport au Parlement 2018 sur les exportations d’armement de la France, que Florence Parly présente ce mercredi devant la Commission de défense de l'Assemblée Nationale, les ventes d'armes de la France vers le reste du monde contribuent à la "consolidation de l’industrie française de défense et au développement économique de la France, mais également au renforcement de la sécurité nationale".

Les exportations d'armement français ont bondi de 30% en 2018. Ces ventes s'élèvent à 9,1 milliards d'euros avec pour principaux destinataires le Qatar, la Belgique et l'Arabie saoudite. 

Ce bond s'explique par la vente au Qatar (2,37 milliards d'euros au total) de 28 hélicoptères NH90 et la livraison de 12 avions Rafale. La Belgique a passé une commande exceptionnelle de 400 blindés, ce qui rapportera 1,1 milliard à l'Etat français). L'Arabie Saoudite a fait des achats pour près d'1 milliard et se hisse ainsi sur la troisième marche du podium 2018. 

Le Proche-Orient et le Moyen-Orient ont représenté en 2017 un peu plus de 60 % des exportations d’armement. Cette stratégie d’exportation est "_en cohérence avec la politique étrangère, de défense et de sécurité française"_ dit le gouvernement. La zone Asie-Pacifique, qui était la première destination des exportations françaises en 2016, du fait notamment du contrat de vente de Rafale à l’Inde, enregistre environ 17 % du total des prises de commandes, suivie, dans l’ordre, de l’Europe et du continent américain.

Si on élargit la période d'observation des données aux années allant de 2012 à 2017, le rapport signale que la France a vendu, depuis 2012, pour 16 milliards d'euros d'armements et équipements militaires livrés aux pays du Proche et Moyen-Orient (annexe 7 du rapport), sur 46 milliards de ventes d'armes sur la période, soit plus du tiers. Les ventes réalisées pour la même période en Asie du sud, se montent à 5,6 milliards,et 3,5 pour l'Asie du sud-est. L'Inde est des principaux client de la France. 

Les ventes d'armes de la France partout dans le monde

Les exportations vers l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis dénoncées par les ONG

Les livraisons d'armes à l'Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis restent critiquées, car ce sont des pays impliqués dans la guerre au Yémen. Ce conflit a fait des dizaines de milliers de morts, dont de nombreux civils, selon diverses ONG, et a provoqué, selon l'ONU, la pire catastrophe humanitaire actuelle. 

Avant l'audition de Florence Parly, dix-neuf ONG internationales ont interpellé les députés français dans une lettre ouverte sur "le risque que la France se rende complice de guerre au Yémen en poursuivant ses ventes d'armes à l'Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis", les exhortant à exercer leur "devoir de contrôle".  Le rapport donné au Parlement début juin précisait que la stratégie de Paris "s’est faite dans le strict respect des engagements internationaux de la France, encadrée par un dispositif de contrôle des exportations très rigoureux".

Mais des ONG dont Human Rights Watch, la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH), Amnesty International France, Salam for Yémen, Oxfam France ou Médecins du Monde souhaitent que "la France ne viole pas ses engagements internationaux en continuant à exporter des armes vers l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis". "Partout dans le monde, la guerre au Yémen pousse les gouvernements à réviser leur politique d'exportation d'armement", notent-elles. "En France, aucune mesure n'a été prise, alors que le risque d'utilisation d'armes françaises contre des civils est le plus élevé".  

► DOCUMENT - Consulter le rapport 2018 sur les exportations d’armement de la France

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