manifestations sporadiques au brésil
manifestations sporadiques au brésil © reuters

Les efforts de la présidente brésilienne Dilma Rousseff pour désamorcer la crise sociale en proposant un référendum sur des réformes politiques se sont heurtés mardi à une vive opposition au sein de la classe politique et auprès de constitutionnalistes qui contestent sa légalité.

La capitale, Brasilia, s'attend à de nouvelles manifestations, ce mercredi, et les cours ont été annulés dans certaines écoles. De nouvelles manifestations sont également attendues à Belo Horizonte, où doit être disputé dans la journée un match de la Coupe des confédérations entre Brésil et Uruguay.

Lors d'une réunion avec des gouverneurs et des maires lundi à Brasilia, Dilma Rousseff avait proposé la tenue d'un référendum censé demander aux Brésiliens s'ils voulaient ou non qu'une assemblée constituante réforme en profondeur le système politique du pays.

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Cette initiative audacieuse a été analysée par certains comme une tentative de la présidente, qui conserve une forte popularité, pour court-circuiter un parlement (Congrès) impopulaire en s'adressant directement à la population. Mais selon certains juristes, pareille initiative est contraire à la Constitution.

Le chef de l'association brésilienne du barreau, Marcus Vinicius Furtado, a proposé lors d'une rencontre avec Dilma Rousseff que les réformes politiques soient adoptées par le Congrès sur la base d'une pétition populaire.

Un referendum qui laisse sceptique

Mais la classe politique, dont le président de la chambre basse du Congrès, Henrique Alves, membre de la coalition au pouvoir, est plutôt d'avis que les réformes politiques doivent être décidées par les parlementaires eux-mêmes.

L'ancien président Fernando Henrique Cardoso a estimé qu'en vertu de l'actuelle Constitution, Dilma Rousseff n'était pas habilitée à demander à une assemblée d'amender la loi fondamentale. Les réformes politiques doivent être rédigées par le Congrès avant d'être soumises à référendum, dit-il.

La tenue d'un référendum pour décider de ce qui doit être réformé aurait des répercussions difficiles à prévoir sur l'économie brésilienne, avertit-il en outre. Pour certains observateurs politiques, l'initiative de Dilma Rousseff sur un référendum est une astuce pour gagner du temps.

"L'intention de Rousseff est de répondre à l'énorme mécontentement populaire vis-à-vis de la classe politique en se posant en agent du changement", estime le cabinet de consultants Eurasia, basé à Washington. "En termes concrets, cependant, il est peu vraisemblable que sa proposition entraîne des réformes politiques majeures".

dilma rousseff se dit à l'écoute des manifestants brésiliens
dilma rousseff se dit à l'écoute des manifestants brésiliens © reuters

Des centaines de milliers de Brésiliens sont descendus dans les rues ce mois-ci à travers le pays, qui a connu ses manifestations les plus importantes depuis 20 ans, alimentées par une série de doléances contre la corruption ambiante, contre les carences des services publics et les dépenses élevées engagées pour les stades de la future Coupe du monde de football 2014.

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