Scène de liesse chez les partisans d'aung San Suu Kyi après l'annonce des premiers résultats
Scène de liesse chez les partisans d'aung San Suu Kyi après l'annonce des premiers résultats © MaxPPP

Le parti de l'opposante birmane, âgée de 70 ans, qui a passé plus de quinze ans en résidence surveillée, a revendiqué lundi une victoire écrasante aux élections législatives de la veille, confirmée par les premiers résultats officiels ouvrant la voie à un changement historique.

Les résultats des premières élections libres en Birmanie devraient donner le parti d’Aung San Suu Kyi très largement en tète si l'on en croit les premiers dépouillements. L'armée gardera un quart des sièges au parlement, comme le prévoit la Constitution, et l’opposante birmane de 70 ans, dont les enfants sont britanniques, ne pourra pas présider le pays, comme le prévoit aussi le texte.

L’égrenage des résultats pourrait durer jusqu’à ce soir

A la chambre basse du Parlement, la plus importante avec 323 sièges en jeu, les premiers résultats portant sur 54 sièges indiquent que la Ligue nationale pour la démocratie en a remporté 49, contre trois pour le parti au pouvoir, l'USDP. La commission électorale s'est lancée dans un long égrenage des résultats qui pourrait durer jusqu'à ce soir ou plus.

L'USDP garde une influence dans l'Etat Kayah et l'Etat Shan

Arrivée aux marches du pouvoir après des décennies de dissidence (dont plus de 15 ans en résidence surveillée), la "Dame", âgée de 70 ans, se montre prudente et appelle ses partisans à la patience. Les premières circonscriptions tombées se trouvent dans les régions de Rangoun et Mandalay, la deuxième ville du pays, traditionnellement pro-LND. Mais les derniers résultats tombés ce mardi matin montrent que la LND domine, même dans des régions comme celle du delta de l'Irrawaddy. L'USDP garde en revanche une influence dans des régions comme l'Etat Kayah ou l'Etat Shan, en proie à des conflits armés ethniques, où la "Dame de Rangoun" a pourtant fait une intense campagne. Après des décennies de junte militaire, puis de domination de ses héritiers depuis les réformes démocratiques lancées en 2011, cela représenterait une révolution complète et inédite pour la scène politique birmane.

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