Les 3 et 4 décembre 1997 au Canada, 122 États s’engageaient à bannir les mines antipersonnel et à détruire leurs stocks. Après une baisse continue pendant quinze ans, le nombre de victimes est reparti à la hausse depuis 2014 et pourrait atteindre cette année un niveau record.

Handicap International organise chaque année des pyramides de chaussures pour mobiliser contre les mines et les bombes à sous-munitions.
Handicap International organise chaque année des pyramides de chaussures pour mobiliser contre les mines et les bombes à sous-munitions. © AFP / Nicolas Liponne

En 1997 pour la première fois, le droit international bannissait formellement une arme conventionnelle. En ratifiant le traité d’Ottawa, les États s’engageaient à ne pas utiliser, stocker ni produire de mines antipersonnel. En 15 ans, le nombre personnes tuées ou mutilées a quasiment été divisé par dix. De 30 000 par an au début des années 1990, leur nombre est descendu à 3 300 en 2013.  

C’était sans compter la multiplication des conflits, notamment au Moyen Orient. Depuis trois ans, les chiffres sont repartis à la hausse. En 2015, 6 461 personnes ont sauté sur des mines, soit une augmentation de 75% par rapport à l’année précédente. Près de huit fois sur dix, les victimes sont des civils, et dans 38% des cas des enfants. Alors que les données pour 2017 doivent être publiées prochainement, l’ONG Handicap International redoute des chiffres record.

Quand des objets du quotidien se transforment en engins explosifs

En Irak, en Syrie, en Afghanistan, au Yémen ou encore en Libye, les groupes armés non étatiques se sont mis à fabriquer des engins explosifs improvisés. Une marmite, une canette, un jouet, peuvent alors devenir des armes redoutables. En Irak, le groupe État islamique s'en est notamment servi dans les villes pour ralentir la progression de l’armée et de ses alliés.

L’un des problèmes posé par ces armes est qu’elles demeurent une menace sur le long terme. "Même si la guerre s’arrête en Syrie, les gens ne pourront pas rentrer chez eux, à cause du danger que représentent les restes d’explosifs", souligne Jean-Marc Boivin, directeur du plaidoyer à Handicap International. "La mine antipersonnel est l’arme des lâches qui ne pensent qu’au court terme", poursuit-il.

Hormis la prévention, le seul moyen de réduire le nombre de victime reste le déminage, "un enjeu majeur", selon Handicap International. Après l’accord de paix signé entre le gouvernement colombien et les FARC, l’ONG a d’ailleurs été désignée par le gouvernement colombien pour déminer les terres de trois départements du pays. Seulement cela nécessite du temps et de l’argent. En Colombie, dans certaines zones escarpées recouvertes d'une végétation particulièrement dense, les équipes de déminage progressent à raison de quatre ou cinq mètres carrés par jour.

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