Chauffés à blanc par un discours de Donald Trump, des partisans du président sortant ont envahi le Capitole ce mercredi, interrompant la session du Congrès qui devait entériner la victoire de Joe Biden à la présidentielle. Celui-ci a dénoncé une "insurrection". Trump a fini par calmer le jeu dans une vidéo sur Twitter.

Le président Trump face à ses supporters, venus de tout le pays jusqu'à Washington
Le président Trump face à ses supporters, venus de tout le pays jusqu'à Washington © AFP / BRENDAN SMIALOWSKI

Le monde entier a assisté, médusé, à des scènes de chaos inédites à Washington. Ce mercredi 6 janvier, des manifestants pro-Trump réunis dans la capitale fédérale américaine ont fait irruption à l'intérieur du capitole, où les membres du Congrès devaient valider la victoire de Joe Biden à la présidentielle de novembre. La réunion des parlementaires a dû être suspendue. Une femme a été tuée, touchée par balle pendant les heurts. 

Une "insurrection" a dénoncé Joe Biden, demandant à Trump d'intervenir afin de calmer la situation, lui qui peu de temps auparavant avait de nouveau martelé devant ses troupes qu'il ne concéderait jamais sa défaite. Retour sur les trois discours marquants d'une journée américaine sans précédent.

Quand Donald Trump souffle sur les braises

En début d'après-midi, la Maison Blanche en toile de fond, Donald Trump harangue un parterre de manifestants acquis à sa cause. "C'est un honneur pour moi d'être face à vous, face à ces centaines de milliers de patriotes américains. Tous ceux qui sont ici refusent que la victoire nous soit volée par des démocrates radicaux enhardis et par les médias fake news", lance le président sortant. "Nous ne concèderons jamais la défaite, cela n'arrivera jamais ! On n'abandonne pas quand on a été volé. Notre victoire a été écrasante. Qui peut vraiment croire que Joe a remporté 80 millions de votes ?!?" 

"C'est une honte. Prenez les pays du tiers-monde : même leurs élections sont plus honnêtes ! Non, nous ne les laisserons pas nous réduire au silence". 

Le milliardaire en a profité pour mettre la pression sur son vice-président, Mike Pence, lui demandant de refuser de prononcer la victoire de Joe Biden. "J'espère que Mike va faire ce qui est juste. Je l'espère parce que si c'est le cas, nous gagnons l'élection". "J'ai d'ailleurs été informé par l'un des plus grands constitutionnalistes que le vice-président avait absolument le droit de rejeter les résultats de l'élection." Avant d'ajouter : "Comment un pays peut-il être gouverné par un président illégitime

Donald Trump a également tancé les républicains "faibles" et "pathétiques" qui refusent de le soutenir. "J'ai aidé beaucoup de Républicains à se faire élire. Et voilà tout à coup qu'ils sont là : 'oh je parlerai au président plus tard...'"

Et de poursuivre :  "Rappelez-vous que vous êtes plus forts, plus intelligents. Vous êtes le vrai peule, celui qui a construit cette Nation." 

"Nous allons marcher sur le Capitole et encourager nos braves sénateurs et représentants.... enfin, non, pas tous... Nous ne récupérerons jamais notre pays en nous montrant faibles. Nous sommes ici pour demander au Congrès de faire ce qui est juste, et de compter uniquement les bulletins légaux". 

Biden dénonce une "insurrection"

Face aux images ahurissantes du Capitole envahi par les manifestants, Joe Biden a pris la parole vers 16 heures (22 heures à Paris). "À cette heure, notre démocratie connait une agression sans précédent", a déclaré le président élu, la mine grave. "Je vais être très clair : ces scènes de chaos au Capitole ne reflètent pas l'Amérique, ne représentent pas ce que nous sommes. Ce que nous voyons, c'est un petit nombre d'extrémistes. Cela doit cesser maintenant. Je demande aux manifestants de se disperser pour permettre à la démocratie de suivre son cours".

"Les mots d'un président comptent : au mieux ils peuvent inspirer, au pire ils peuvent inciter. Par conséquent, j'appelle le président Trump à intervenir à la télévision immédiatement, afin de respecter son serment et défendre la constitution, en demandant la fin de ce siège (...). Ce n'est pas une manifestation, c'est une insurrection. 

"Je suis profondément triste et choqué que notre démocratie connaisse un moment aussi sombre. Cette journée nous rappelle combien la démocratie est fragile. Pour la préserver, il faut des gens de bonne volonté, des leaders qui ne veulent pas que le pouvoir, qui ne servent pas leur propre intérêt."

"Président Trump, intervenez"

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Trump décide de calmer le jeu et demande à ses partisans de "rentrer chez eux"

Une heure après deux tweets appelant les manifestants au calme, Donald Trump publié finalement une brève vidéo dans laquelle il demande à ses soutiens de "rentrer chez eux"

"Je sais votre douleur, nous nous sommes fait voler notre élection. C’était une victoire écrasante, tout le monde le sait, et en particulier l’autre camp. Mais il est temps de rentrer chez vous, nous avons besoin de paix, d’ordre et de sécurité, nous ne voulons pas que des gens soient blessés", a-t-il déclaré.

"C’est une période très difficile, c’est la première fois qu’une telle chose se passe. C’était une élections truquée, mais nous ne devons pas faire le jeu de ces gens. Nous avons besoin de paix. Alors rentrez chez vous, on vous aime, vous êtes spéciaux". 

"Je sais ce que vous ressentez, mais rentrez chez vous, rentrez chez vous pacifiquement. "

(la vidéo a ensuite été retirée par Facebook, Youtube t ensuite Twitter)