Angela Merkel est en voyage officiel à Washington ce vendredi. Parmi les sujets qui opposent les deux chefs d'État, l'immigration, le commerce et l'Europe.

Rencontre au sommet Trump/Merkel ce vendredi
Rencontre au sommet Trump/Merkel ce vendredi © AFP / SAUL LOEB et CLEMENS BILAN

La rencontre Trump-Merkel devait avoir lieu mardi mais a été reportée en raison de la tempête de neige qui s'est abattue sur le nord-est des États-Unis et qui a cloué des milliers d'avions au sol entre mardi et jeudi. Le temps, pour les deux parties, de réviser leurs dossiers, ainsi que le laissait entendre un haut responsable allemand dans la presse :

Nous devons nous préparer au fait qu'il n'aime pas écouter longtemps, qu'il préfère des positions claires et n'aime pas se plonger dans les détails.

Selon la presse, la chancelière allemande – la dernière défenseure de l'ordre mondial progressiste ("the last defender of the liberal world order"), estime New York Times – a d'ailleurs étudié les discours du président américain afin de mieux cerner le personnage, et de mieux comprendre ce qu'il a dans la tête.

►ÉCOUTER | "Quand Donald Trump parle de ce qu'il apprécie chez le peuple allemand, il n'a pas peur de la caricature" : le reportage, à Washington, de Frédéric Carbonne.

Point de crispation n°1 : l'immigration

Pendant la campagne électorale, Donald Trump a régulièrement attaqué Angela Merkel, notamment sur sa politique migratoire et sur l'accueil des réfugiés. Trump a qualifié d'"erreur catastrophique" la décision allemande d'ouvrir la porte aux réfugiés en 2015 . La chancelière allemande n'a jamais directement répondu.

Mais après la présidentielle américaine, Merkel a fait une déclaration en forme d'avertissement pour Trump :

L'Allemagne et les États-Unis sont liés par des valeurs, la démocratie, la liberté, le respect du droit, de la dignité de l'homme indépendamment de sa couleur de peau, de sa religion, de son sexe, de son orientation sexuelle ou de ses convictions politiques.

Point de crispation n°2 : le commerce

Trump a régulièrement dénoncé la politique commerciale de Berlin, vue aujourd'hui comme un concurrent par les États-Unis. Le chef de l'exécutif américain a menacé d'imposer des taxes aux constructeurs automobiles allemands et l'un de ses conseillers a accusé le gouvernement de Merkel de profiter d'avantages commerciaux indus grâce à un euro faible.

Devant le protectionnisme affiché de Donald Trump, la chancelière allemande a défendu lundi le marché de libre-échange entre les États-Unis et l'Allemagne :

Les États-Unis d'Amérique sont un partenaire commercial capital pour l'Allemagne et pour l'ensemble de l'Union européenne. Le commerce est avantageux pour les deux parties et j'ai hâte d'évoquer ces questions avec le président américain nouvellement élu.

Les États-Unis sont le premier pays d'exportation de l'Allemagne, dont l'excédent a atteint près de 50 milliards d'euros l'an dernier. Les États-Unis ont importé pour 107 milliards d'euros de biens et services allemands et exporté outre-Rhin pour 58 milliards d'euros. Selon Angela Merkel, les sociétés allemandes employaient près de 750 000 personnes aux États-Unis et, au total, 1 à 2 millions d'emplois sur le sol américain seraient indirectement dépendants de groupes allemands.

Poutine pour les rassembler ?

La Russie devrait être également au menu des discussions. La Maison-Blanche a déclaré que Donald Trump comptait demander conseil à Angela Merkel sur la manière de traiter avec Vladimir Poutine. Les menaces que fait peser la Russie de Poutine sur les États-Unis et l'Europe devraient donner aux deux dirigeants un terrain d'entente. Mais pour commencer, Trump demande que l'Allemagne et ses alliés de l'Otan investissent davantage dans la défense.

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