[scald=44253:sdl_editor_representation]TRIPOLI (Reuters) - Nicolas Sarkozy et David Cameron sont arrivés jeudi en Libye pour une visite destinée à conforter les dirigeants de l'insurrection qui a mis fin à 42 années de pouvoir sans partage du colonel Mouammar Kadhafi.

Premiers dirigeants occidentaux de haut rang à se rendre dans le pays depuis la chute de Tripoli, il y a trois semaines, le président français et le Premier ministre britannique ont été les principaux animateurs de la coalition internationale qui est intervenue en soutien des insurgés.

Le chef de l'Etat a déclaré à son arrivée sa "grande émotion" de venir dans une Libye "libérée" et qu'il y porterait un message de "pardon et de la réconciliation".

Alors que de violents combats se poursuivent autour des derniers bastions kadhafistes, cette visite a été préparée dans la discrétion et n'a été confirmée qu'au dernier moment pour des raisons de sécurité.

Nicolas Sarkozy et David Cameron sont arrivés séparément à Tripoli, où ils ont visité un hôpital avant de rencontrer les dirigeants du Conseil national de transition (CNT) puis tenir une conférence de presse.

Ils devaient ensuite s'envoler pour Benghazi, le berceau de l'insurrection libyenne dans l'est du pays, où ils prendront la parole sur la plus grande place de la ville, rebaptisée place de la Liberté.

"MERCI SARKOZY"

Prévue pour durer quelques heures, cette visite a des allures de tour d'honneur pour les deux dirigeants dans un pays où les graffitis "Merci Sarkozy" et "Thank you Britain" sont visibles un peu partout.

Elle illustre aussi une volonté de voir la Libye, un pays riche en pétrole et en gaz, retrouver toute sa place dans la communauté internationale.

Les dirigeants français et britannique ont été précédés mercredi à Tripoli par un secrétaire d'Etat adjoint américain, qui a été reçu par le numéro un du CNT, Moustapha Abdeljalil.

Vendredi, ce sera au tour du premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan de faire le déplacement de Tripoli, où le ministre égyptien des Affaires étrangères, Mohammed Kamel Amr, est également annoncé.

Pendant ce temps, Mouammar Kadhafi, qui n'a pas été vu en public depuis le mois de juin, reste introuvable alors que de nombreux hauts responsables de son régime ont fui le pays depuis l'entrée des forces du CNT à Tripoli le 23 août.

Dans une lettre lue sur la chaîne de télévision Arrai, basée en Syrie, il a appelé le Conseil de sécurité de l'Onu à protéger Syrte, sa ville natale qui est encore aux mains de ses partisans, contre les "atrocités" de l'Otan.

Au moment où se pose la question de la transition démocratique de la Libye et de la nature de son futur régime, ainsi que de l'influence des islamistes, le discours du président français portera "sur les valeurs", précise une source familière du dossier.

"Le peuple libyen l'attend depuis longtemps pour lui exprimer ses remerciements", a déclaré à Reuters Mansour Saïf al-Nasr, émissaire du CNT en France.

Emmanuel Jarry avec correspondants en Libye, édité par Yves Clarisse

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