13.500 personnes, selon les chiffres du cabinet Occurrence mandaté par un collectif de médias, ont défilé ce dimanche dans les rues de Paris contre l'islamophobie. Une manifestation qui avait, ces derniers jours, suscitée une nouvelle polémique politique à gauche.

"Vivre ensemble, c'est urgent", un des slogans de la manifestation du 10 novembre contre l'islamophobie.
"Vivre ensemble, c'est urgent", un des slogans de la manifestation du 10 novembre contre l'islamophobie. © Radio France / Mathilde Dehimi

Des milliers de manifestants ont traversé Paris de Gare du nord à la place de la Nation pour dire stop à l'islamophobie. Cette marche a été lancée le 1er novembre par un texte publié dans le journal Libération à l'initative de plusieurs organisations dont le CCIF, (le collectif contre l'islamophobie en France). 

Cette marche et ce texte font suite à l'attaque d'une mosquée à Bayonne qui a fait deux blessés et la prise à partie d'une femme musulmane voilée lors d'une réunion du conseil régional à Besançon par un élu de Front national.

Depuis la publication de ce texte, la droite et le gouvernement ont clairement rejeté cette démarche refusant d'utiliser le terme d'islamophobie et jugeant les organisateurs de ce rassemblement communautaristes.

Mal à l'aise sur le texte, le PS a préféré ne pas apposer sa signature. Le sénateur socialiste Rachid Temal a toutefois choisi d'organiser sa propre marche le 20 novembre, "contre tous les racisme".

Les manifestants étaient 13500 d'après nos chiffres ce dimanche 10 novembre à Paris.
Les manifestants étaient 13500 d'après nos chiffres ce dimanche 10 novembre à Paris. © Radio France / Mathilde Dehimi

Yannick Jadot, le patron des écologistes, avait aussi signé cette tribune. Il a, par la suite sur France Info, admis à demi-mot ne pas l'avoir lue. D'autres élus écologistes ont pour leur part participé à cette marche, tout en précisant, comme l'a fait Julien Bayou, le porte parole d'EELV, que le texte contenait des passages équivoques ou avec lesquels les écologistes ne sont pas en accord. "Mais ce qui importe c'est d'affirmer notre solidarité avec tous nos concitoyens [...] Il n'est pas question de rester sans réaction après l'attentat de Bayonne" a-t-il affirmé "donc évidemment nous sommes présents."

Enfin, au sein de la France Insoumise, cette marche n'a pas non plus fait l'unanimité. Mais au final, une bonne partie des leaders de FI sont présents. Le patron de LFI, présent dans le cortege, a donné un point presse avant le début de la manifestation. Jean-Luc Mélenchon y a affirmé son soutien aux musulmans. "Il faut être vigilant. Il faut faire attention et entourer d'affection ceux qui sont montrés du doigt lorsqu'ils le sont, et il faut être capable de faire bloc, de serrer les rangs, autour de ceux qui sont victimes de telles discriminations", a-t-il déclaré.

Évoquant des "ambiguïtés", Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, a estimé que la marche dressait les gens "les uns contre les autres".

Une jeune femme venue particper à la marche contre l'islamophobie.
Une jeune femme venue particper à la marche contre l'islamophobie. © Radio France / Mathilde Dehimi

"Solidarité avec les femmes voilées"

La manifestation était très politique et pas seulement par la polémique qu'elle a suscitée mais aussi par les slogans qu'on entendait et lisait : "Solidarité avec les femmes voilées", "Oui à la critique de la religion, non à la haine du croyant", "stop à l'islamophobie", "Vivre ensemble, c'est urgent".

Français et musulman, le message de ce manifestant de la marche du 10 novembre.
Français et musulman, le message de ce manifestant de la marche du 10 novembre. © Radio France / Mathilde Dehimi

Parmi les manifestants, beaucoup de familles, parents et enfants venus dire, pour la première fois, leur souhait d'être vus à la fois comme Français et musulmans. Drapeau français noué sur les épaules ou en guise de foulard, carte d'électeur à la main, certaines de femmes racontent les difficultés du quotidien, les injures, les agression car elles portent le foulard. Elles disent avoir peur car le climat a changé. "Nous demandons juste le respect, la liberté de vivre notre religion, ce qui n'a rien d'incompatible avec la laïcité", "Ne nous confondez pas avec les barbares djihadistes", demandent elles.

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