Le président russe a accueilli ce jeudi à Sotchi les présidents iranien et turc, après avoir également reçu Bachar al-Assad, pour sa deuxième visite à l'étranger depuis le début du soulèvement en Syrie, en 2011.

Rencontre entre Bachar al-Assad et Vladimir Poutine à Sotchi le 21 novembre
Rencontre entre Bachar al-Assad et Vladimir Poutine à Sotchi le 21 novembre © Reuters / Sputnik Photo Agency

Quatre heures d'entretien avec le président syrien, et une visite très symbolique. Vladimir Poutine en a profité pour se féliciter de la fin de l'organisation État islamique, une victoire pour l'instant militaire mais qu'il espère transformer en victoire diplomatique.

Il faut dire qu'après six ans de guerre, 330.000 morts et des millions de déplacés, le processus politique est toujours au point mort. Ce n'est pourtant pas faute de sommets et de coups de théâtre : Genève 1 et 2, la démission d'un médiateur de l'ONU, le processus de Vienne, et enfin celui d'Astana qui a vu le Kremlin, après son implication militaire, prendre la main sur le terrain de la diplomatie. La Russie en a même profité pour réhabiliter Bachar al-Assad et, avec l'aide de l'Iran, parvenir à imposer des zones de "désescalade", grâce auxquelles la température est un peu retombée.

Devenir incontournable dans les négociations

Cet avantage, Moscou veut le faire fructifier. D'où la rencontre surprise avec Bachar al-Assad, dont il a salué les succès militaires et espéré l'engagement politique. D'où, aussi, les entretiens téléphoniques avec Donald Trump, l'émir du Qatar, le roi d'Arabie saoudite, le Premier ministre israélien... D'où, enfin, la rencontre de Sotchi jeudi après-midi avec les présidents turc et iranien, avant une nouvelle réunion de l'ONU à Genève dans une semaine.

Bref, Vladimir Poutine entend se placer au centre du processus diplomatique et ne plus en bouger.

L'opposition syrienne invitée, mais après sélection

Le Kremlin souhaite même inviter l'opposition et le régime simultanément en Russie, et c'est justement tout l'enjeu de la rencontre de Vladimir Poutine avec Recep Tayyip Erdogan. La Turquie a en effet, selon le porte-parole de Moscou, "certaines réserves au sujet de _certaines forces qu'ils considèrent comme une menace pour leur sécurité_", en particulier les milices kurdes. Il ajoute que d'un point de vue purement "technique", "un travail intensif de nos experts pour décider et valider les listes (des participants) nous attend". Inviter l'opposition, oui. Inviter tous les opposants, non.

Les représentants des différents courants de l'opposition syrienne ont entamé en parallèle des négociations à Ryad, à l'invitation de l'Arabie saoudite, sans toutefois réagir à ce qui se passe actuellement en Russie. Toutefois, l'émissaire des Nations-Unies pour la Syrie juge ces discussions "cruciales" pour mettre sur pied une délégation unifiée dans l'optique de Genève. Les opposants se sont mis d'accord sur un point : le départ de Bachar al-Assad comme préalable à tout projet de transition politique en Syrie. Une demande qui risque d'être incompatible avec la stratégie de Vladimir Poutine.

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