En France, l’éventualité d’un second tour des municipales en juin fait débat. Certains plaident pour que le gouvernement s’inspire du vote par correspondance instauré dans d’autres pays, afin de réduire les risques de contamination.

Le groupe GoVote, de tendance démocrate, invite les citoyens américains à aller voter... par tous les moyens. Y compris à distance, donc.
Le groupe GoVote, de tendance démocrate, invite les citoyens américains à aller voter... par tous les moyens. Y compris à distance, donc. © DR

Le système n’a rien de nouveau, mais se développe rapidement à la faveur de la crise du coronavirus. Plusieurs pays en Europe et ailleurs dans le monde accélèrent la mise en place du vote par correspondance. Un procédé qui a fait ses preuves et rencontre un succès croissant, même si ses détracteurs pointent ses inconvénients. 

Aux États-Unis, ce principe a été largement utilisé lors des primaires démocrates depuis le début de la pandémie. Déjà en usage pour tous les scrutins dans l’État de Washington, le Colorado, l’Oregon et l’Utah, il a été adopté dans le contexte du coronavirus par beaucoup d’autres, Hawaï, l’Alaska ou le Wyoming par exemple. Et la question du vote postal s’invite déjà dans le débat pour l’élection présidentielle du 3 novembre.

Mais son coût élevé fait hésiter, et dissuade encore certains États d’y avoir recours. Selon le Brennan Center for Justice, l’institut de droit de l’Université de New York, généraliser le procédé à l’ensemble du pays coûterait 1,4 milliard de dollars. Il suscite également des réticences sur la participation des électeurs. Certains craignent que les populations âgées ou culturellement défavorisées renoncent au vote. 

Adhésion croissante

Des exemples ailleurs dans le monde montrent pourtant que ce système est parfois plébiscité. Ainsi en Europe, la Bavière a opté pour le vote par correspondance lors des municipales de mars dernier, une pratique développée dans ce Land du sud de l'Allemagne depuis plus de soixante ans et qui connaît un engouement croissant, comme l’a montré la forte participation. Le second tour de ce scrutin a d’ailleurs été entièrement organisé par voie postale.

Une telle adhésion a déjà été observée à l’échelle de l’Allemagne toute entière lors des législatives de 2017, où près d’un quart des électeurs avaient voté par correspondance. 

Au Royaume-Uni, le vote par la poste est possible pour tous les électeurs, sans avoir à apporter la moindre justification. Un formulaire est disponible sur le site du gouvernement, qui encourage le recours à cette formule. Cette alternative assez répandue n’a pas empêché le report d’un an – pour cause de Coronavirus – des élections locales initialement prévues ce mois-ci. Depuis une dizaine d’années, la participation par correspondance des électeurs britanniques aux différents scrutins progresse constamment, preuve de l’intérêt que suscite cette méthode de vote, indépendamment des craintes liées au coronavirus. 

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