La réglementation présentée ce lundi par l'administration Trump vise les immigrants qui lors de leur arrivée bénéficient d'allocations logement ou de bons alimentaires. Elle rentrera en vigueur le 15 octobre prochain.

Ken Cuccinelli, directeur par intérim des services d'immigration américains, a détaillé la mesure.
Ken Cuccinelli, directeur par intérim des services d'immigration américains, a détaillé la mesure. © AFP / Brendan Smialowski

Une règle draconienne pour limiter l'immigration. Le gouvernement Trump a annoncé ce lundi une nouvelle réglementation qui dénie la nationalité américaine aux immigrants bénéficiant d'aides publiques. Concrètement, les immigrants qui seront jugés susceptibles de devenir des "charges pour la société" ne pourront pas accéder aux États-Unis. Une mesure mise au point par Stephen Miller, conseiller de Donald Trump.

La règle entrera en vigueur en octobre

La réglementation dite des "charges pour la société" vise les immigrants qui disposent à leur arrivée sur le territoire américain, pendant une période limitée, d'allocations logement ou de bons alimentaires. Ceux qui sont déjà sur le territoire se verront refuser la "carte verte", le permis de séjour américain, précise cette nouvelle règle publiée par la Maison Blanche, qui entrera en vigueur le 15 octobre. 

Le gouvernement du président Trump défend les idéaux d'autonomie et de responsabilité individuelle", Ken Cuccinelli, directeur des services d'immigration américains

_"Avec la réglementation des charges pour la société, le gouvernement du président Trump défend à nouveau les idéaux d'autonomie et de responsabilité individuelle_, en s'assurant que les immigrants sont capables de subvenir à leurs besoins et de réussir ici, en Amérique", a déclaré Ken Cuccinelli, le directeur par intérim des services d'immigration américains, lors d'une conférence de presse. 

Selon un communiqué de la Maison Blanche, cette nouvelle réglementation _"protégera les contribuables américains_, préservera notre système d'aides publiques pour les Américains vulnérables et fera respecter la loi."

Une réglementation immédiatement dénoncée

Pour les défenseurs des droits des immigrants, la règle, telle qu’énoncée, va bien plus loin que ce qu’escomptait initialement le Congrès américain. Elle discriminerait les immigrants issus des pays les plus pauvres et empêcherait notamment les regroupements familiaux, rapporte CNN. Selon certains, la réglementation pourrait représenter un danger dans le sens où elle pousserait les immigrants à ne pas demander d'aides. Le Centre national "Immigrant Justice (NILC) a lui annoncé qu'il allait contester cette mesure devant les tribunaux, affirmant que cette dernière était motivée par la discrimination raciale.

Le candidat à la primaire démocrate Beto O’Rourke a immédiatement critiqué la proposition du gouvernement Trump sur son compte Twitter : "Légal. Sans documents. Réfugié. Demandeur d’asile. Les distinctions n’ont aucune importance pour le président Trump", a-t-il estimé. "Si vous êtes un immigré, il pense que vous n’avez pas votre place dans ce pays et ce même si, durant 243 ans, les immigrés ont fait des États-Unis la plus grande nation que le monde n’ait jamais connu."

En moyenne, 544 000 personnes demandent une carte verte chaque année, et 382 000 d'entre elles seraient visées par les changements annoncés, indique Radio Canada. 

Le média rappelle aussi que plus de 87 % des participants à Medicaid, l'assurance maladie, sont nés aux États-Unis. Il en va de même pour l'aide alimentaire, où les Américains nés sur le territoire représentent 85 % des bénéficiaires. Dans les deux cas, les immigrants non-citoyens ne forment respectivement que 6,5 % et 8,8 % des demandeurs.

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