Le 4 octobre 2006, le nom de domaine wikileaks.org était enregistré, dans l'indifférence générale. Dix ans après, il a révélé (et été au cœur de) plusieurs scandales.

Julian Assange en 2014 à l'ambassade d'Équateur de Londres
Julian Assange en 2014 à l'ambassade d'Équateur de Londres © Radio France / John Stillwell

Un site pour les révélations...

Le 5 avril 2010, WikiLeaks diffuse une vidéo de l'armée américaine montrant une bavure militaire en Irak, à l'origine de la mort de deux photographes de Reuters. Une remise en cause de la présence américaine au Moyen-Orient qui atteindra son sommet avec la diffusion le 25 juillet 2010 de 91.000 documents militaires secrets sur la guerre en Afghanistan, dont certains relèvent du crime de guerre.

Le 28 novembre 2010, WikiLeaks publie des dizaines de milliers de câbles diplomatiques, en partenariat avec cinq grands journaux internationaux (dont Le Monde en France). Ce "cablegate" révèle les dessous de la diplomatie américaine, et fait définitivement de l'Australien Julian Assange, fondateur du site, l'ennemi public numéro un pour les États-Unis. Le site est également à l'origine de révélations sur un vaste système d'espionnage de dirigeants européens alliés des États-Unis, qui ont largement refroidi les relations diplomatiques avec ces pays.

... et un fondateur pour les polémiques

Outre les polémiques sur les risques encourus par certaines personnes dont l'identité a été révélée par certains de ces "leaks", WikiLeaks est surtout controversé à cause de son charismatique fondateur, Julian Assange. Héros persécuté pour les uns, manipulateur à tendance paranoïaque pour les autres, il est toujours sous le coup d'un mandat d'arrêt émis par la Suède, qui l'accuse de viol (une affaire qui remonte à août 2010). Ses défenseurs estiment que ces accusations sont un simple prétexte pour obtenir son extradition vers la Suède puis les États-Unis. Depuis 2012, il est réfugié à l'ambassade d'Équateur à Londres.

Le fondateur de WikiLeaks a aussi déçu certains de ses proches collaborateurs, dont Daniel Domscheit-Berg, ancien numéro deux, qui a claqué la porte en lui reprochant de ne penser qu'au pouvoir. Il a ensuite co-écrit le scénario du film "Le Cinquième Pouvoir", sorti en 2013 et retraçant l'histoire de WikiLeaks, tout en lui donnant (évidemment) le beau rôle face à un Assange égocentrique.

Autre question, celle de l'indépendance du site, qui serait fragile selon ses détracteurs. Beaucoup estiment notamment que la Russie est sans doute à l'origine d'une partie des révélations de WikiLeaks, notamment les plus récentes sur les emails du parti démocrate, qui mettent Hillary Clinton en difficulté. Il a d'ailleurs promis, à l'occasion de ce dixième anniversaire, de nouvelles révélations sur le processus électoral américain.

WikiLeaks est aussi très avare en révélations sur Moscou (rien depuis 2010, une époque où le pays bloquait encore l'accès au site), et Assange lui-même est régulièrement invité de la chaîne (très favorable au Kremlin) Russia Today.

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