PARIS (Reuters) - La France s'efforce de limiter les abandons de souveraineté qu'elle devra consentir en matière de contrôle de la politique budgétaire des pays de la zone euro en échange de davantage de solidarité envers les Etats en difficulté.

Cette double question - davantage de discipline budgétaire contre davantage de solidarité - est au coeur des négociations actuelles entre Paris et Berlin pour tenter de trouver un remède à la crise des dettes souveraines dans la zone euro.

Le président Nicolas Sarkozy et la chancelière Angela Merkel, qui doivent prononcer d'importants discours en cette fin de semaine, ont promis de présenter des propositions communes pour le Conseil européen du 9 décembre.

L'Allemagne refuse à ce stade de s'engager dans un dispositif de solidarité reposant, par exemple, sur un rôle accru de la Banque centrale européenne (BCE) sans l'assurance, en contrepartie, d'une discipline strictement contrôlée et sanctionnée des Etats membres de la zone euro.

Selon un haut responsable de la majorité présidentielle française, Nicolas Sarkozy est pour sa part "très vigilant" concernant la nature et l'ampleur des abandons de souveraineté que cela supposerait. "C'est toute la subtilité des négociations actuelles", souligne ce dirigeant de l'UMP.

Le chef de l'Etat, candidat encore non déclaré à sa succession, sait combien tout ce qui touche à la souveraineté est sensible dans une bonne partie de l'opinion française.

A cinq mois de l'élection présidentielle, il a de toute évidence à coeur de ne pas raviver les débats qui ont conduit à la victoire du "non" au référendum de 2005 sur la Constitution européenne.

"Nous défendons une position équilibrée entre davantage de discipline budgétaire et davantage de solidarité de façon à ce que les institutions européennes soient plus efficaces dans la protection de la zone euro", a expliqué mercredi la porte-parole du gouvernement et ministre du Budget, Valérie Pécresse.

"Ce que nous souhaitons c'est davantage de discipline budgétaire mais une discipline budgétaire assumée par les Etats, avec une vraie association des Parlements nationaux. Donc cette question de la souveraineté, pour nous, ne se pose pas."

Le gouvernement français souhaite qu'une "règle d'or" budgétaire s'impose aux Etats de la zone euro mais à condition qu'elle soit adoptée par les Parlements nationaux et contrôlée par les instances juridictionnelles nationales, a-t-elle ajouté.

"C'est d'abord une discipline qui doit être portée par chaque Etat et ensuite, évidemment, sous le contrôle des institutions européennes", a-t-elle insisté. "C'est en toute souveraineté que la France veut tenir ses engagements de réduction de ses déficits et de son endettement."

Emmanuel Jarry et Yann Le Guernigou, édité par Jean-Baptiste Vey

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