2015-2019 sont les cinq années les plus chaudes jamais connues et 2010-2019 la décennie la plus chaude jamais enregistrée, selon un nouveau rapport de l'Organisation météorologique mondiale établi avec un vaste réseau de partenaires. Les menaces sur la santé des populations se font déjà sentir.

En juin 2019, la température a atteint 50,3°C à Churu dans l'État du Rajasthan, en Inde, envoyant de nombreux Indiens à l’hôpital
En juin 2019, la température a atteint 50,3°C à Churu dans l'État du Rajasthan, en Inde, envoyant de nombreux Indiens à l’hôpital © AFP / Money Sharma

L’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) publie son rapport 2019 sur l’état mondial du climat et alerte sur les impacts des événements météorologiques et climatiques sur le développement socio-économique, la santé humaine, les migrations et la sécurité alimentaire.

Le rapport confirme que 2019 a été la deuxième année la plus chaude jamais enregistrée par l’OMM, en lien avec les agences météorologiques nationales. L'OMM qui constate d'ores et déjà plusieurs effets néfastes sur la santé des populations partout dans le monde.

Une augmentation de la température au-delà des estimations

L'année 2019 s'est terminée avec une température moyenne mondiale de 1,1 ° C, supérieure aux moyennes préindustrielles estimées, juste derrière le record établi en 2016. 

En 2019, des températures record en Australie, en Inde, au Japon et en Europe ont nui à la santé et au bien-être. 

Les conditions de chaleur extrême pèsent de plus en plus sur la santé humaine et les systèmes de soins. Des conséquences encore plus graves sont pointées dans des endroits où la chaleur extrême se produit dans un contexte de vieillissement de la population, d'urbanisation, et des effets d'îlots de chaleur urbains et des inégalités en matière de santé. 

Le Japon a été touché par une vague de chaleur majeure fin juillet et début août 2019, entraînant plus de 100 décès et imposant une lourde charge au système de santé avec 18 000 hospitalisations supplémentaires. 

Mortalité accrue pas uniquement pour les personnes âgées

L'Europe a connu deux vagues de chaleur importantes à l'été 2019. En juin, une vague de chaleur affectant le sud-ouest et le centre de l'Europe a fait plusieurs morts en Espagne et en France. La vague de chaleur la plus importante s'est produite fin juillet, dans une grande partie de l'Europe centrale et occidentale et causant une recrudescence des décès. 

Aux Pays-Bas, cet événement a été associé à 2 964 décès, près de 400 décès de plus qu'au cours d'une semaine d'été moyenne.  

En France métropolitaine, entre début juin et mi-septembre, plus de 20 000 visites aux urgences et 5 700 visites à domicile par des médecins ont été enregistrées pour des maladies liées à la chaleur. Au cours des deux vagues de chaleur estivales, un total de 1 462 décès supplémentaires par rapport à l'année précédente, (soit une augmentation de 9,2% de la mortalité moyenne, avec une fourchette d'incertitude de 548 à 2 221 décès en excès) a été observée. Les personnes âgées de plus de 75 ans, mais aussi les groupes d'âge de 15 à 44 ans et de 65 à 74 ans, étaient les plus concernés. Dans les régions de France qui ont connu une chaleur extrême (alertes rouges), on enregistre une augmentation de 50% de la mortalité par rapport à la mortalité habituelle sans vague de chaleur. 

Plus de chaleur donc plus d'infections par la dengue

L'évolution des conditions climatiques depuis 1950 facilite la transmission du virus de la dengue par les moustiques. Parallèlement, l’incidence mondiale de la dengue a augmenté de façon spectaculaire au cours des dernières décennies et environ la moitié de la population mondiale est désormais exposée au risque d’infection. 

En 2019, le monde a connu une forte augmentation des cas de dengue, par rapport à la même période en 2018. 

Le continent américain dénombre  plus de 2 800 000 cas de dengue suspectés  ou confirmés, dont environ 1 250 décès. Au cours des trois mois d'août à octobre, un million de malades se sont déclarés, et 85% des cas ont été signalés par le Brésil, les Philippines, le Mexique, le Nicaragua, la Thaïlande, la Malaisie et la Colombie.

Famine et déplacements de population

La sécurité alimentaire s'est nettement détériorée en 2019 dans certains pays de la Grande Corne de l'Afrique en raison des conditions climatiques, des déplacements, des conflits et de la violence. 

Par exemple, en Somalie et au Kenya, le nombre de personnes touchées par l'insécurité alimentaire a augmenté entre fin 2018 et fin 2019, passant respectivement de 1,6 à 2,1 millions et de 0,7 à 3,1 millions. 

Fin 2019, environ 22,2 millions de personnes étaient en situation d'insécurité alimentaire grave, c'est à peine moins que pendant la sécheresse sévère et prolongée de 2016-2017. 

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