Preuve qu'une alliance nationale peut se fissurer à l'échelle locale : dans certaines villes, le parti d'Emmanuel Macron a investi des candidats face à des prétendants centristes. Dans d'autres, des marcheurs font campagne contre une équipe municipale où figurent des élus MoDem.

François Bayrou et Emmanuel Macron, en mai 2018.
François Bayrou et Emmanuel Macron, en mai 2018. © AFP / Ludovic MARIN

Les divergences existent et elles sont actées. Les investitures pour les élections municipales de mars 2020 créent des désaccords entre la République en Marche (LREM) et le MoDem, les deux partis alliés de la majorité présidentielle. Dernier épisode, ce mercredi : le parti d'Emmanuel Macron a investi la députée Anne-Laurence Petel pour être candidate à Aix-en-Provence, la préférant à son collègue centriste Mohamed Laqhila.

Ne pas politiser le scrutin

"Je suis candidat déclaré depuis septembre dernier, peste l'élu MoDem. Je ne vois pas comment on peut arrêter quelque chose qui a été lancé, avec une équipe, autour d'un projet. Je tends la main à ma collègue d'En marche : j’espère qu'elle entendra raison et qu'elle nous rejoindra d'ici la fin de l'année."

Au MoDem, on veut dissocier le scrutin des enjeux nationaux, au risque de créer des conflits larvés. Les deux partis sont, certes, alliés à l'Assemblée nationale mais en local, fini les étiquettes. "On ne veut pas d'une élection où on plante des drapeaux partisans, les candidats seront investis sur des projets locaux", résume la députée Sarah El-Haïry, porte-parole du parti. 

Dans la grande majorité des cas, les deux partis devraient faire alliance, mais ça coince dans certaines villes. Ainsi à Bordeaux ou à Dijon, où des MoDem font partie des majorités sortantes, ceux-ci pourraient s'opposer aux candidats LREM investis. "Dans ces villes nous avons un bilan et il est bon", explique encore Sarah El-Haïry.

Réponse en septembre

Pour LREM ou le MoDem, l'enjeu n'est pas le même : le parti de François Bayrou est mieux ancré localement et veut conserver son assise. Le parti présidentiel, au contraire, participe à ses premières élections municipales avec une ferme volonté de s'implanter.

"Une structure d'élus locaux on sait l'importance que ça a, d'abord pour les élections sénatoriales, et puis parce que pour l'instant on a des maires et des adjoints qui sont LREM mais qui n'ont pas été élus comme tels, il est temps que ce soit clair auprès des citoyens", explique Richard Lioger, prétendant LREM à la candidature à Metz, à qui son parti pourrait préférer l'ex-eurodéputée MoDem Nathalie Griesbeck.

Rien n'est figé : LREM n'a pas annoncé toutes ses investitures et le MoDem n'a pour le moment désigné que des "chefs de file", qui feront alliance ou deviendront tête de listes, selon les cas. Le parti tranchera au mois de septembre, selon les sondages et les dynamiques créés par chacun des candidats.

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