« Pet sounds», onzième album des Beach Boys paru le 16 mai 1966, est avant tout un projet solo de Brian Wilson. Et l'un des plus influents de l'histoire de la musique pop.

Brian Wilson, enregistrement de Pet Sounds, Los Angeles 1966
Brian Wilson, enregistrement de Pet Sounds, Los Angeles 1966 © Getty / Getty Images - 2016 / Michael Ochs Archives / Intermittent

« Pet sounds» est le onzième album des Beach Boys , paru il y a 50 ans, le 16 mai 1966, sur le label Capitol Records . Souvent considéré comme l'un des plus influents de l'histoire de la musique pop, l’album est avant tout un projet solo de Brian Wilson .

Brian Wilson à l'assaut des Beatles

En 1966, inspiré par la pop ambitieuse des Beatles , Brian Wilson marque une rupture avec l’univers de la surf music. S impliste et insouciant ce style a fait leur succès mondial jusque-là. Il était en parfaite harmonie avec la Californie du début des années 60, celle de la joie de vivre, des amours adolescentes, des belles décapotables et des plaisirs de la plage.

C’est à la suite d'une dépression nerveuse, en avril 1965, que le leader du groupe, Brian Wilson, prend la décision de ne plus tourner avec les Beach Boys. Épuisé par les concerts (et par les drogues), il se concentre désormais sur la composition et la production. Alors que le groupe est sur les routes, il élabore l’album « Pet sounds » avec des musiciens de studio (notammentles Wrecking Crew , qui avaient joué pour Phil ‘Wall of sound’ Spector ), franchissant ainsi, à son tour, la barre placée déjà très haut par les Beatles en matière de rock expérimental. Il déclara à l’époque qu’il allait produire un disque aussi bon que « Rubber soul »

Le monument Pet Sounds

Pour réussir son pari, Brian Wilson va utiliser les techniques d'enregistrement les plus modernes - et les plus hétéroclites - du moment : des sonnettes de bicyclettes, des klaxons de train, des orgues, des clavecins, des flûtes, un accordéon, un harmonica basse, un hautbois, un Theremin (l’ancêtre du synthétiseur !), un sifflet pour chien, des instruments à cordes hawaïens mais aussi des canettes de Coca-Cola et des aboiements de chien… justifiant ainsi le nom de l’album « Sons domestiques » .

Ces instruments peu conventionnels sont ajoutés à des harmonies vocales combinées à des effets sonores qui entremêlent écho et réverbération, résultant de techniques de production jamais utilisées alors, au stade des connaissances technologiques en ce milieu des années 60.

Au retour d’une tournée de trois semaines, les autres membres des Beach Boys sont surpris de constater qu'une grande partie du travail a été réalisée à leur insu, et surtout de découvrir que la musique composée par Wilson devenait, par bien des aspects, radicalement différente de leur style pratiqué jusqu’à présent. Ils acceptent cependant, bien qu'avec réticence, d'y apporter leur contribution.

« Pet sounds » paraît en mai 1966 et la critique salue à juste titre un véritable chef d'œuvre qui déroule les succès « Wouldn't it be nice » , « God only knows » (considérée par Paul McCartney comme ‘la plus belle chanson d'amour jamais écrite’),« Caroline, no », « Sloop John B. » _(une chanson populaire traditionnelle d’origine caribéenne) et _"Good vibrations" .

« Good vibrations » est initialement prévu pour figurer sur Pet Sounds . Il ne paraît qu'un an après. A elle seule, cette chanson est un monument. __ Il existe une version longue de 15’04'', qui fut enregistrée en 90 heures, dans quatre studios, au cours de 17 sessions étalées sur une période de 6 mois, pour un coût, inouï à l'époque, de 16.000 dollars. La chanson est N°1 mondial début 1967.

L'échec commercial, la reconnaissance des pairs

Malgré ces succès, et comparées au passé récent, les ventes de « Pet sounds » ne suivent pas.

Brian Wilson est très déçu par le relatif insuccès commercial de l’album. Il permet toutefois aux Beach Boys d'être désigné meilleur groupe de l'année dans un sondage de la revue New Musical Express , devant… les Beatles.

La critique musicale dans son ensemble considère aujourd’hui « Pet sounds » comme le meilleur disque du groupe et l'un des fleurons des années 60. Dans la liste des 500 plus grands albums de tous les temps, le magazine Rolling Stone classe l’album à la 2ème place derrière « Sgt. Pepper's lonely hearts club band » des Beatles.

Brian Wilson se remet ensuite au travail avec le parolier Van Dyke Parks dans l'idée de réaliser un album qu’il veut son chef-d’œuvre et qui sera son aboutissement, « Smile » , anticipant la sortie imminente du « Sgt Pepper’s… » des Beatles, lequel verra finalement le jour le premier. Effondré devant le travail fourni par les Fab Four, Brian Wilson sombre dans la dépression. Il finit par faire aboutir Smile en 2004, soit 37 ans plus tard. Ce disque devenu partie de la légende des Beach Boys: The great lost BB album… mais ceci est une autre histoire.

Allez plus loin

►►►Brian Wilson est actuellement en tournée pour les 50 ans de l'album Pet Sounds.

►►► The Beach Boys, Pet Sounds th - mini documentary

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