Stax Records fait partie des rares labels à avoir eu un catalogue d’artistes qui a traversé les âges, et ce n’est pas pour rien que nous fêtons leur 60 ans cette année.

Façade extérieure de l’immeuble de Stax Records en 1967 à Memphis (Tennessee)
Façade extérieure de l’immeuble de Stax Records en 1967 à Memphis (Tennessee) © Getty / PI/Michael Ochs Archives

Nous sommes presque à la fin des années 50, Jim Stewart un ex-musicien country reconverti dans la banque, n’arrive pas à se détacher d’un vieux rêve, celui d’avoir son propre label. A Memphis, on ne jure alors que par « SUN », le label de Sam Phillips qui vient de faire d’Elvis Presley, Johnny Cash, ou de Jerry Lee Lewis des stars incontournables.

Jim Stewart décide de monter sa propre maison de disque, « Satellite », et de faire le lien entre la musique noire et blanche. En ces temps de combat pour les droits civiques, un tel engagement est rare. N’étant pas un furieux gestionnaire, il va s’associer à sa sœur Estelle Axton et créer STAX (ils choisissent de prendre les deux premières de leur nom de famille pour donner nom au label (STewart et AXton).

Ensemble, ils installent leur studio dans un cinéma du ghetto noir de Memphis, et confient au premier groupe mixte de l’époque, Booker T. & the M.G.'S la production musicale. Ce sont eux, à quelques exceptions prêtes qui vont travailler avec les futures stars du label, comme Rufus Thomas, Carla Thomas, The Mar-Keys, William Bell, Otis Redding, Albert King, Sam and Dave, Eddie Floyd, Johnnie Taylor, Isaac Hayes, The Staple Singers, The Bar-Kays

Le son de Stax n’est pas celui de sa principale concurrente, la Motown. On le nomme « Southern Soul », « Deep Soul », ou encore « Memphis Sound ». C’est un mix de Blues et de Gospel, de Rythm & Blues avec une touche de country. Le travail du son pour les disques Stax est un instantané de prises « live ».

A la mort d’Otis Redding en 1967, le label change sous l’influence de grands compositeurs comme Isaac Hayes, et le message devient plus politique.

Le label va organiser un énorme festival (Wattstax) en 1972, après les émeutes de Watts en Californie, au point que pendant un certain temps, le FBI soupçonnera Stax d’avoir financé des organisations politiques pour l’égalité des droits.

En 1975 Stax met la clef sous la porte avant de renaitre de ces cendres en 2007.

La playlist qui suit, concoctée par Jean- Baptiste Audibert et Djubaka revient sur la première période (1958/1975) alternant les hits internationaux et locaux tout en réservant une part important aux instrumentaux générés dans le label et qui ont marqué les DJ’s des années 60/70.

Belle écoute !

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