Le Syndicat national de l'édition phonographique (Snep) a publié ce mardi son bilan annuel du marché de la musique, en (très) légère hausse par rapport à l'année précédente. Plus que jamais, les artistes français se sont exportés : 13% du chiffre d'affaires de la musique en France se fait désormais à l'étranger.

Aya Nakamura, l'une des artistes qui se sont le mieux exportées à l'étranger en 2020
Aya Nakamura, l'une des artistes qui se sont le mieux exportées à l'étranger en 2020 © AFP / Joël Saget

Dans une année culturelle brouillée par la pandémie et le confinement, le marché de la musique en France a réussi à rester stable, et même à légèrement progresser : c'est ce qui ressort du bilan annuel dressé par le Syndicat national de l'édition phonographique (Snep), présenté ce mardi.

Au total, le marché de la musique a représenté 781 millions d'euros en 2020, stable par rapport à l'année 2019 (et même en très légère hausse : +0,1%). Si les ventes de disques physiques, les droits voisins (payés par exemple par les magasins qui diffusent de la musique) et les droits de synchronisation (payés par les producteurs de films, de pubs, d'émissions, qui veulent utiliser de la musique commerciale) se sont effondrés, ils ont été rattrapés par le marché numérique, lui en hausse de 20%, et porté notamment par les abonnements payants aux plateformes de streaming.

De nombreux artistes s'exportent à l'étranger

Dans ce paysage stable, l'un des faits les plus notables, c'est la bonne santé de la production française, et notamment à l'étranger : les revenus de l'export représentent 13% du chiffre d'affaires des ventes de disques en France – surtout grâce au streaming. Le succès à l'international d'Aya Nakamura, de David Guetta ou d'Angèle (grâce à son duo avec Dua Lipa) a permis cette bonne santé, mais pas seulement : au total, 65 artistes ont obtenu au moins un disque d'or à l'étranger l'an dernier. C'est 18% de plus que l'année passée. Et surtout, la moitié de ces 65 artistes ont obtenu cette certification à l'étranger pour la première fois.

Rap et musiques urbaines représentent à elles seules 37% de ces certifications à l'étranger, avec des artistes comme Bosh, Master KG (dont le tube "Jerusalema" est porté par un label français) ou Soolking, au même niveau que l'électro, qui pèse aussi pour 37% de ces scores à l'export, représenté par Ofenbach ou Polo & Pan.

En France, la production française loin devant

Dans le territoire, c'est aussi la production française qui mène la barque : 80% des 200 meilleures ventes de disques (physiques et numériques) dans l'année 2020 sont des productions françaises, avec une poignée d'artistes qui ont classé plusieurs albums dans le top 200. Le recordman dans ce domaine est le Marseillais Jul, qui a réussi à placer cinq de ses albums dans les meilleures ventes. Aya Nakamura ou la chanteuse Eva ont toutes les deux placé deux albums, de même que, côté variété, Jean-Baptiste Guégan et Hoshi.

Au sommet de ce palmarès, la domination française est encore plus forte : sur les 20 albums les plus vendus de l'année, 19 sont français, le seul album anglophone en lice étant celui d'un tout jeune groupe, AC/DC, qui s'est classé 9e des ventes de l'année (mais qui est en revanche meilleure vente de l'année... en vinyle).

En revanche, à la radio (qui est une source de musique pour 85% des Français, selon un sondage réalisé pour le Snep en novembre 2020), ce sont des artistes anglophones qui ont monopolisé les diffusions : The Weeknd occupe les deux premières places du top 100 radio, et le premier groupe francophone du palmarès est Indochine, qui se classe 11e.