Un guitariste mi-diable, mi-écolier qui électrise les foules, un son qui fait trembler les stades, un nom qui ne fait plus penser à son utilité d'origine mais au Rock avec un grand R, des légendes et des drames : AC/DC c'est tout ça… Mais comment ce groupe d’anthologie a-t-il commencé ?

Le groupe AC/DC (g à d) : Malcolm Young, Bon Scott, Angus Young, Cliff Williams, Phil Rudd - 1979 à Camden
Le groupe AC/DC (g à d) : Malcolm Young, Bon Scott, Angus Young, Cliff Williams, Phil Rudd - 1979 à Camden © Getty / Fin Costello / Redferns

En 1600, William Gilbert est le médecin de la couronne britannique. Parmi ses patients : Elisabeth Ier et Jacques Ier. Mais William, entre deux angines, a pour « hobby » la physique. C'est lui qui "invente" l’adjectif « électrique » alors qu’il s’intéresse aux propriétés de l’aimant.

374 ans plus tard, deux jeunes gamins de Sydney fondent le groupe qui allait électriser presque sans discontinuer l’histoire du rock comme jamais : AC/DC.

Courant alternatif, courant continu

Parmi les légendes qui courent autour du groupe australien, il y a bien évidemment celle autour de leur nom. : il viendrait du logo AC/DC présent sur l’aspirateur de leur sœur Margaret Young, à qui l’on doit aussi le costume d’Angus Young. Mais Philippe Manœuvre qui était l’invité de l’émission Blockbusters consacrée à AC/DC a une autre proposition : selon lui, le nom viendrait du titre AC/DC interprété par un  groupe de glam rock londonien, Sweet.  Et ce fut un succès qui n’a pas pu passer loin des oreilles des frères Young.

Une histoire de migrants

Nous sommes en 1963, et le père de la famille, William Young qui était mécano pendant la seconde guerre mondiale, regarde un des pires hivers s’abattre sur la ville depuis sa fenêtre quand dans une autre lucarne, celle de la télé, une réclame lui vante les mérites de cette terre des possibles : l’Autralie. Et ni une, ni deux, ce sont 15 membres de la famille Young qui ont embarqué cette année-là pour Sydney, et parmi eux : George, Malcolm et Angus

Le groupe AC/DC devant les studios Shepperton en 1976, avec l'affiche annonçant leur date au Marquee, recouvrant une affiche de Led Zeppelin
Le groupe AC/DC devant les studios Shepperton en 1976, avec l'affiche annonçant leur date au Marquee, recouvrant une affiche de Led Zeppelin © Getty / Martyn Goddard

George, l'influent grand frère

Si on parle souvent de Malcolm et d'Angus, on oublie parfois George qui fut la guitare rythmique du groupe mod The Easybeats qui se firent connaître mondialement en 1966 avec le titre Friday on my mind. Un tour de force en cette année musicalement très riche

C’est lui, George qui a mis ses deux jeunes frères à la musique. Malcolm avait même fait ses débuts dans un groupe de Newcastle, Velvet Underground. De son côté, Angus fait ses armes sur un banjo bricolé et sur une Gibson d’occasion qui finit par lâcher, épuisée par les riffs qu’il lui inflige. Malcolm et Angus fondent une première version du groupe sous le nom des Chequers, avec le chanteur Dave Evans. Ces débuts sont peu concluants. Mais George est toujours là et va leur présenter un autre gars qui devrait faire l’affaire…

Bon, le "Scot"

Lui aussi est écossais, lui aussi a émigré vers l’Australie, mais du côté de Perth. Il s’appelle Ronald Bedford Scott. C’est un ami de George. Il est plus vieux que Malcolm et Angus. L’armée n’a pas voulu de lui car il était trop associal. Il chante bien sûr, mais pour survivre, il travaille dans une fabrique de fertilisants. Il propose ses services comme chauffeur et roadie à AC/DC.  C'est l'aîné du groupe. Il a 30 ans quand les autres en ont 20. Son expérience de la vie, à travers ses larcins, ses fugues, ses excès, la prison pour mineur, vont l’emmener logiquement à écrire les paroles des chansons. 

Une musique qui en a

Le premier single d’AC/DC sort en 1974 avec Dave Evans au micro, et comme expliqué plus haut, le chanteur ne convient pas. C’est là que AC/DC va naître. George va produire leur premier album avec un autre musicien des Easybeats nommé Vanda, Harry Vanda. George se met à la basse. Bon Scott aux paroles. Et les frères Young à la guitare. En dix jours de batterie et de riff sur gamme pentatonique est enregistré High Voltage qui sortira en 1975. Parmi ses titres, She’s Got Balls que vous pouvez traduire par un classique « Elle a des couilles » que Bon Scott écrit en hommage à sa femme Irene, qui lui réclamait une chanson qui lui serait dédiée. 

Elle est spirituelle ma nana              
Elle aime ramper ma nana              
Sur les genoux, sur les mains, partout sur le sol              
Tout ça parce qu'elle aime me donner du plaisir

En juin 2009, le cahier de Bon Scott avec les paroles de "She's got balls" était vendu aux enchères chez Christies à New York pour 35 000 dollars. On peut y lire sur la page de gauche : "Toutes les fautes ou erreurs de grammaire dans ce livre ont pour objectif de ne pas blesser Angus, pour qui l'anglais n'est pas son sujet de prédilection (mais il maîtrise le tasmanien). Et sur la droite, à côté des paroles, une pin-up dessinée déclare : "J'ai des seins également".

Ventes aux enchères du cahier de Bon Scott chez Christies à New York avec les paroles de "She's got balls" - juin 2009
Ventes aux enchères du cahier de Bon Scott chez Christies à New York avec les paroles de "She's got balls" - juin 2009 © AFP / Stephen Lovekin

On ne sait pas si le côté sexiste de la chanson lui a déplu mais elle le quitte quelques temps après. AC/DC, lui, est en route.

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