Au-delà du cliché (eaux limpides et plages de sable blanc), les Bahamas sont un archipel des Caraïbes majoritairement peuplé de descendants d’esclaves africains qui n’a acquis son indépendance de la Grande-Bretagne que dans les années 1970. Il y avait à l’origine les instruments de bric et de broc confectionnés par les esclaves pour le junkanoo. Aujourd’hui, sur Cat Island, il y a le RAKE’N’SCRAPE (littéralement, « racler et gratter »), musique populaire et dansante qui elle aussi fait appel à ces instruments « détournés », notamment la fameuse scie de menuisier grattée avec une lime . Avec beaucoup de malice, un zeste de fierté et une pincée de désinvolture, BOHOG AND THE ROOTERS sont les élégants représentants de cette musique chaleureuse et entraînante. Autre île, autre musique ! A Andros, pas une église, pas un temple qui n’ait sa chorale et son band. Si les offices sont des moments de dévotion, ils sont aussi de véritables fête.ANTHEMS ET RHYMING SPIRITUALS sont des chants proches des negro spirituals américains. D’inspiration biblique, ils évoquent les difficultés de la vie, le lien avec la mer et la pêche. Un groupe de rhyming peut comprendre un ou plusieurs ténors, un alto et une voix de basse, mais c’est le ténor, appelé aussi le rhymer , qui mène le chant. Les groupes peuvent aussi inclure des voix féminines. C’est le cas des ANDROS JUBILEE SINGERS, parmi les derniers de l’île à garder cette tradition vivante. En effet, elle s’était beaucoup développée avec la pêche à l’éponge et a quasiment disparu avec son déclin. Retraités, agriculteurs ou pasteurs, WILFRIED, THOMAS, NATHANIEL et MADELEINE MCKEYS chantent toujours, notamment lors de l’office du dimanche au Temple. Et leur passion est communicative.

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