Comment, lorsque l’on est "né dans la rue", devient-on un monument national ? La réponse est peut-être dans ce feuilleton que France Inter vous proposait il y a quelques étés

Johnny Hallyday
Johnny Hallyday © Getty

Johnny Hallyday est en haut de l’affiche depuis 1960, année de la sortie de son premier 45 tours, « T’aimer follement ». Chansons, cinéma, publicité, faits-divers, mariages, accidents, produits dérivés, petites phrases, divorces, caricatures, Légion d’honneur : en quarante six années de carrière, Johnny Hallyday aura tout fait, tout connu, tout chanté, tout cassé. Son omniprésence dans les médias, sa stature d’icône, la démesure du personnage, l’attachement idolâtre des fans et sa résistance (aux modes, aux excès…) font de lui un artiste unique dans le paysage francophone…

Alors qu’on lui prédisait une carrière de six mois….

Mais connaît-on Johnny Hallyday ? Quel est le secret de son incroyable longévité ? Pourquoi l’homme, méprisé par les intellectuels, devient soudainement un sujet d’étude et de fascination pour ces derniers ? Comment, lorsque l’on est « né dans la rue », devient-on un monument national ? Combien de facettes le caméléon Hallyday est-il capable de présenter ? Tour à tour enthousiastes ou déçus par l’idole, ses amis, fans, collaborateurs, auteurs, metteurs en scène, ont chacun leur vision de Johnny. Un homme en perpétuelle représentation, reflet du désir des autres, acteur de sa vie : Johnny Hallyday, le meilleur rôle de Jean-Philippe Smet.

Une coproduction des Radios Francophones Publiques, présentée par Radio Suisse Romande-La Première en 2006.

Produite par Pierre-Philippe Cadert et réalisée par Patrick De Rham

Episodes 1 et 2 : Johnny rock’n’roll

« The french Elvis » pour la presse anglaise, il est dans les années 60 l’importateur le plus crédible des tubes américains. Johnny croise toutes les musiques, toutes les modes, les précède parfois, ou du moins se les approprie comme personne. Cow-boy, rockeur, militaire, hippie, motard… De Davy Crockett à Mad Max, de 1960 à nos jours, Johnny Hallyday a fréquenté tous les genres, a côtoyé ses contemporains les plus célèbres, joué avec les meilleurs musiciens de la planète, fait la fortune de nombreux auteurs américains. A la fois copieur et faiseur, Johnny transpire, se roule par terre. Ses premiers concerts font scandale, le public casse des sièges, incarne la révolte de la jeunesse, mais traversera le Paris de mai 68 dans sa Rolls…

53 min

Appelez-moi Johnny - Episode 1 : Johnny rock’n’roll

54 min

Appelez-moi Johnny - Episode 2 : Johnny rock’n’roll

Épisodes 3 et 4 : Johnny Idole

L’idole de jeunes fait l’objet d’un culte. Les adolescents des années 60 affirment que « Johnny les aide à faire leurs devoirs », ils achètent la carte postale fabriquée à partir des débris de son costume de scène, s’abonnent à « Salut les copains ! » dont il fait régulièrement la couverture. En plus des produits dérivés à son effigie, Johnny fait de la pub: chaînes hi-fi, instruments de musique, lunettes, café, bouteilles de vin… Ce qui ne va pas sans quelques difficultés avec les médias. Car il y a les médias « amis » et les autres. Maltraité par les journalistes au début de sa carrière, Johnny va apprendre, et se protéger en nouant des alliances stratégiques avec certains médias, en nommant son photographe attitré, en négociant au prix fort reportages et partenariats. Johnny, toujours idole, c’est l’assurance de plus gros tirages, de plus d’audience ou de vendre 25% de lunettes en plus…

Il est également courtisé par les politiques en quête de popularité. S’il s’en est toujours méfié, il a tout de même quelques amis entrés en politique. L’un d’eux fut son manager-chauffeur-confident (Jean-Pierre Pierre-Bloch), un autre est actuellement Président de la République, un autre voudrait bien le devenir, et ils ne sont pas tous de droite comme en témoignait Georges Marchais, le secrétaire général du parti communiste français. 

51 min

Appelez-moi Johnny - Episode 3 : Johnny Idole

30 min

Appelez-moi Johnny - Episode 4 : Johnny Idole

Épisodes 5 et 6 : Johnny la comédie

Né à Paris, abandonné par son père Belge, délaissé par sa mère française. Recueilli par sa tante, sa cousine et son compagnon Lee Hallyday, le sauveur américain, Jean-Philippe va devenir Johnny et s’inventer un passé, une Amérique, un personnage, une vie. A la fin des années 50, Johnny prétend que son père est américain, de l’Oklahoma. Son personnage est né. Première apparition au cinéma dans Les diaboliques, de Clouzot, quelques films de jeunesse dont il est la vedette, suivis d’une longue pause et Johnny Hallyday revient au cinéma par la porte intello avec Godard. Depuis, il enchaîne les tournages avec plus ou moins de succès.

Acteur de sa vie, acteur sur scène, il est un boulimique de cinéma, fasciné par les acteurs américains de l’âge d’or d’Hollywood. Il dit souvent qu’il voulait être comédien, avant de devenir chanteur. Johnny inspire les réalisateurs, on écrit pour lui des rôles sur mesure, Jean-Philippe Smet devient même un personnage incarné par Johnny ! Mais, sur scène ou dans la vie, c’est Jean-Philippe qui interprète en permanence son exigeant personnage. Même en sortant de sa Lamborghini accidentée, il ne peut s’empêcher de « jouer » la scène de sa mort devant les badauds médusés. Ses spectacles démesurés sont également une occasion d’interpréter de nouveaux rôles. Devenu Hallyday, il doit tenir son rang.

54 min

Épisodes 5 : Johnny la comédie

Par France Inter
54 min

Épisodes 6 : Johnny la comédie

Par France Inter

Episode 7 : Johnny prolo

« Né dans la rue », il est devenu le « méga-people ». Enfant de la balle qui n’est jamais allé à l’école, Johnny n’a pas oublié d’où il vient. Il vivait dans 20 mètres carrés à Paris, avec les Hallyday. Il a connu des conditions de vie misérables similaires à Londres, en Italie, en Allemagne, en Suède… Partout ou les Hallyday se sont produits dans les années 50.

Son passé est sa crédibilité : lorsqu’il se produit en prison, lorsqu’il défend des mineurs en grève, lorsqu’il parraine un enfant malade ou qu’il offre spontanément la recette d’un concert aux ouvriers d’une usine en faillite, Johnny ne joue plus. Et nul ne peut le soupçonner de vouloir faire un coup. Johnny respecte le travail, les ouvriers, les petits, les sans-grade. Qui le lui rendent bien ! Et si, dés le début de sa carrière ceux, que Johnny appelle « les intellos » prennent de haut ce rocker peu lettré, confondant au passage facilité d’élocution et intelligence, c’est aussi qu’ils ne voient pas venir l’avènement d’une culture jeune, populaire, qui chamboulera leurs repères.

54 min

Appelez-moi Johnny - Episode 5 : Johnny prolo

Episode 8  : Johnny casse-cou !

Quand Johnny est amoureux, tout va bien. Il fait des enfants, des disques, des concerts formidables. 

Mais souvent, Johnny s’ennuie. Et quand il s’ennuie, il fait de grosses bêtises comme acheter un yacht sans argent, boire au-delà de ce que la science peut comprendre, casser des voitures très chères, faire des cascades dangereuses, des courses automobiles. Il achète des motos a ses amis pour qu’ils puissent le suivre, se fait construire une maison que paye sa maison de disques… Johnny a tout eu : Femmes, motos, maisons, succès. C’est lassant, à force…

Avec les témoignages de : Pierre Barouh, Pierre Billon, Patrick Cauvin, Philippe Djian, Philippe Duval, Stephan Eicher, Alain Genestar, Laurent Gerra, Stéphane Giusti, Jon Henley, Robert Hue, Sandrine Kiberlain, Kyo, Philippe Labro, Yves Lecoq, Jean-Pierre Leloir, Daniel Lesueur, Serge Loupien, Bernard Mabille, Guy Marchand, Michel Mallory, Miossec, Gilbert Montagné, Jean-Marie Périer, Jean-Pierre Pierre-Bloch, Line Renaud, Yves Rénier, François Simon, Jean-François Stévenin, Laurent Tuel… 

54 min

Episode 8 : Johnny casse-cou !

Par France Inter

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