Comme vous, j’ai appris la nouvelle avec beaucoup de peine. J’avais rencontré Christophe une fois et je l’avais beaucoup apprécié. C’était un grand connaisseur de rock’n’roll, y compris sous ses formes les plus marginales et extrêmes.

Ron Sexsmith, auteur-compositeur-interprète à Glasgow Art School le 25 juin 2015.
Ron Sexsmith, auteur-compositeur-interprète à Glasgow Art School le 25 juin 2015. © Getty / Ross Gilmore / Redferns

17 avril 2020 - Confinement Jour 26

D’ailleurs, j’ai un souvenir précis. Il admirait beaucoup Alan Vega, le cofondateur du duo new-yorkais Suicide, ils avaient d’ailleurs travaillé à une chanson ensemble. 

Quand Vega est mort, j’ai demandé à Christophe de me raconter cette rencontre. Il m’a répondu par texto un message que j’ai gardé, très poétique, où il m’a écrit à peu près ceci : 

Je me trouve en ce moment sur un voilier, je regarde le ciel étoilé, et pardon mais je n’aime pas parler des gens quand ils ne sont plus là. 

Eh bien je vais imiter Christophe, quitte à célébrer ses explorations musicales et sonores dans une émission que j’espère prochaine. 

Alors, aujourd’hui, on va vivre un moment rare. Depuis le milieu des années quatre-vingt-dix, je ne rate aucun album d’un auteur et interprète de chansons canadien qui s’appelle Ron Sexsmith. Pour moi, il a quelque chose de Brassens : une voix fragile et tremblante et une aptitude rare à sculpter les mots et les mélodies avec un art exceptionnel. 

Il puise dans des styles anciens, folk, country, soul. L’exceptionnel, chez lui, c’est qu’il est toujours capable de faire surgir le sourire et la tendresse au cœur des situations les plus noires. Ron Sexsmith publie un nouvel album, Hermitage, très beau, sur lequel je compte évidemment revenir dans une de mes émissions nouvelles, que j’espère prochaine. 

Ron Sexsmith a créé il y a plus de vingt ans une chanson qui s’appelle April After All, (Avril après tout). Elle m’a semblé tomber à pic. C’est un de ses classiques. Elle dit entre autres ceci : 

il pleut des cordes sur tous les plans qu’on avait faits mais il viendra des jours meilleurs et la vie nous sourira à nouveau, il faut bien que la pluie tombe, après tout c’est le mois d’avril ». 

La version que vous allez entendre n’est pas celle d’origine. Ron Sexsmith, confiné dans sa maison à Toronto, a enregistré quelques vidéos pour nous donner chaud au cœur, dont celle-ci, il y a tout juste un mois. Il est devant son piano, un peu bastringue, et on voit ses chaussons au milieu de la pièce. C’est cette version que je vous propose d’entendre. Il a enregistré un petit message spécialement pour vous qui écoutez France Inter.  

Je vous parle du Canada où je suis confiné, évidemment, comme tout le monde. Mes pensées vont aujourd’hui vers la France et ceux et celles qui m’écoutent chez vous. J’espère que apprécierez mon nouvel album Hermitage ou Ermitage qui sort aujourd’hui. Je veux aussi remercier M. A. pour son soutien. J’ai hâte de pouvoir revenir en France une fois que tout ça sera fini afin de pouvoir chanter pour vous tous. Et j’espère que vous prenez bien soin de vous et que vous vous protégez, dans votre tête aussi, jusqu’à ce jour de gloire. Allez, soyez prudents

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