BALOJIKinshasa Succursale Ce grand gaillard Congolais, né en 1978 à Lubumbashi, a grandi dans la Wallonie en crise. « Là-bas, tu ne te sens pas tout à fait congolais. Ici, tu ne te sens pas vraiment belge. » Après un premier album qui marque les esprits (Hôtel Impala), de plus en plus curieux des sons d’Afrique et en quête d’identité à l’heure de la trentaine, Baloji part à Kinshasa avec deux complices. Aux manettes Cyril Harrison, ingénieur du son et aux arrangements le bassiste Didier Likeng. Dans leur bagages, ordinateurs, cartes son et quelques micros. Leur mission: enregistrer le deuxième album de Baloji en RDC, avec les moyens du bord et les artistes locaux. « Tout était préparé, rien n’était écrit, tout s’est improvisé ! » Une semaine durant, les musiciens du chaudron congolais vont donc défiler : un trio de balafons, des voix de toutes couleurs, conteur de mots ou tombeur de maux, toaster ou soul sister, le groupe Zaïko Langa-Langa au grand complet, tout comme le Konono No 1 et ses likembés, l’ensemble la Grâce, une chorale au nom tout aussi prédestiné que celui de la fanfare La Confiance… La plupart soufflent sur des binious bricolés, retapés, scarifiés par l’usure du temps. « C’est ce qui donne la patine au son, sans équivalent. Pas une mesure à l’identique, pas de métronome.Pas besoin d’effets, tout est acoustique. Même les distorsions des guitares sont naturelles. Même quand ils sont désaccordés, ils jouent juste. » A l’instinct, sur l’instant, dans le vif du sujet. Ce nouvel opus est une bande-son originale qui s’inscrit sur le fertile terreau de ses origines : la traditionnelle rumba, le rétro-futuriste style tradi-moderne, le chaloupé mutuashi, le plus percutant sébéné, l’entrainant soukous, mais aussi la folk tout acoustique, le ska roots ou le reggae lover, à la sauce locale, l’afro-funk dans le style nigerian… Dans cette dense variété de styles, Baloji trace entre les lignes sa voix, unique. Plus question de se retourner, il s’agit désormais d’avancer. « Ce disque devait être une réponse à « Hôtel Impala ». Et puis finalement, c’est tout autre chose. »

12.04 PARIS, La Maroquinerie 13.04 NOISIEL, La Ferme du Buisson28.04 BOURGES, Festival le Printemps de Bourges27.05 CLERMONT FERRAND, Festival EuropaVox02.06 ANNECY, Scène Nationale de Bonlieu

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