Est-il plus facile de pratiquer une activité artistique (ou pas) au sein de la même famille ? Quelles sont les limites à ne pas franchir ?

Liam a-t-il oublié les paroles encore une fois pour le plus grand plaisir de son frère Noel ?
Liam a-t-il oublié les paroles encore une fois pour le plus grand plaisir de son frère Noel ? © Getty / Simon Ritter

Les coups bas, trahisons, bagarres et autres frasques sont légion dans le milieu de la musique. Alimentant notamment la construction du mythe du rock'n'roll. Ce qui est plus surprenant c'est lorsque ces dévissages se produisent au sein d'une même fratrie. Les exemples sont nombreux, et plus ou moins connus.

Matthieu Culleron nous parlait dernièrement du nouvel album des Jesus and Mary Chain, groupe anglais construit autour des frères Reid, connus pour leurs nombreuses altercations et échanges de noms d'oiseaux en public. On se met en coulisses pour revenir sur quelques empaillades légendaires, avec ou sans fin heureuse.

En studio avec les Beach Boys

En 1966, le groupe est à son apogée, et tourne au Japon. Brian, trop fatigué par les drogues et les concerts, est quand à lui en studio. Enfermé 24h/24, il enregistre non-stop. A tel point que lorsque le reste du groupe revient, c'est à peine s'ils reconnaissent le style qui aura fait toute leur renommée. Finies les guitares surf, et les chansons légères sur les filles. Brian Wilson est en train de créer ce chef-d'oeuvre d'inventivité qu'est Pet Sounds.

Le reste du groupe ne sait plus bien comment s'y prendre, mais s'atèle tout de même à enregistrer les parties de voix prévues. Les séances épuisantes sont menées par un Brian Wilson plus qu'exalté, tandis que les autres membres sont à deux doigts de la crise de nerf ce qui fera dire à Al Jardine :

En studio, c'était un dictateur. Il savait exactement ce qu'il voulait. Et il obtenait généralement ce qu'il voulait.

En tournée avec les Jackson (ex- Jackson Five)

De juillet à décembre 1984, les frères Jackson se réunissent pour six mois de tournée au travers des Etats-Unis et du Canada. Une oraison funèbre pour le groupe qui se soldera par le départ de Michael, déjà bien lancé dans sa carrière solo. Entre deux dates, le futur King of Pop voyage en solo, préférant son jet privé et ses hôtels à ceux choisis pour le reste de l'équipe.

Une attitude qui aurait pu passer inaperçue si les frères n'avaient pas en plus découvert qu'après avoir refusé la captation d'un concert par un producteur de films, Michael engage sans les consulter sa propre équipe de tournage.

Le Victory Tour se terminera avec des frères Jackson voyageant séparément, sans s'adresser la parole avant de monter sur scène.

Au quotidien avec Oasis

Les frères Gallagher, Noel et Liam, sont aussi connus pour leur musique que pour leur inimitié (doux euphémisme). Dès les débuts du groupe, le comportement excessif de Liam agace son aîné Noel, qui prend sur lui malgré tout pour mener à bien son projet. On passe les années de (matin) gloire où le jeune Gallagher a su embrasser tous les clichés du rock'n'roll sans trop de difficultés.

Et on arrive à cette date fatidique du 28 août 2009 où une foule compacte agglutinée devant la scène principale de Rock en Seine apprend vers 22h qu'Oasis n'assurera pas son show. Une énième querelle entre un Liam imbibé et un Noel décidément "pissed off" du comportement répétitif de son frère éclate.

Fin du combat : la guitare fétiche de l'aîné est détruite par le chanteur.

Quelques heures plus tard, le groupe n'existe plus. Et aujourd'hui encore, les frangins maléfiques de Manchester ne s'adresseraient plus la parole.

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