Je suis embêté, parce que, sans le vouloir, je vais un peu vous frustrer aujourd’hui. Oui, la voix que vous allez entendre est de celles qui, grâce à leur charme, suspendent le temps et si vous avez un cœur, ce dont je ne doute pas, vous voudrez qu’elle ne s’arrête jamais.

La chanteuse Bebel Gilberto à la Casita Maria Fiesta le 16 octobre 2018 à New York.
La chanteuse Bebel Gilberto à la Casita Maria Fiesta le 16 octobre 2018 à New York. © Getty / Gonzalo Marroquin / Patrick McMullan

6 mai 2020 - Confinement Jour 39

Mais je sais que le temps, on en manque toujours, hélas, sur France Inter comme ailleurs. 

Bebel Gilberto est Brésilienne. Elle porte un nom illustre. Son père, Joao, premier ambassadeur de la bossa nova, a permis que les rythmes brésiliens rencontrent le jazz avec Stan Getz, c’étaient deux génies. 

Mais enfin ça fait au moins trente ans que Bebel passe le plus clair de son temps à New York. Et elle a toujours mêlé sa connaissance intime des styles brésiliens, samba, bossa, etc. avec sa passion pour les sons de son temps : une sorte de dance ouatée et raffinée, par exemple, elle a pu travailler avec un collaborateur de Madonna. 

Un peu à la manière de Norah Jones, à laquelle on a pu la comparer. Bebel Gilberto est le genre de chanteuse qui peut s’attaquer à tout ce qu’elle veut, le résultat sera toujours aussi élégant qu’envoûtant. Elle a d’ailleurs très bien interprété sur scène, récemment, le Creep de Radiohead. 

Mais cette fois, j’ai l’impression qu’elle est parvenue à aller plus loin, comme si quelque chose s’était déchiré en elle. Bebel Gilberto a perdu coup sur coup ses deux parents et sans doute ce deuil l’a-t-elle poussé à livrer davantage d’elle-même. Comme dans cette composition extraite de son prochain album Agora, en portugais ça veut dire maintenant, dont la sortie est repoussée au mois d’août pour les raisons que vous connaissez. Elle a trouvé en elle comme une nouvelle voix, et je ne suis pas loin de penser qu’elle n’a jamais rien fait de mieux.  

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