P Jaroussky
P Jaroussky © Radio France

Philippe Jaroussky n’est pas un castrat, bien sûr,c’est un contre-ténor, un chanteur qui utilise ce qu’on appelle une voix de tête et qui chante beaucoup le répertoire italien baroque du 18è (le haute contre, lui, est un ténor avec une tessiture élevée).

Dans un disque paru chez Erato, le chanteur interprète, onze arias écrits par Nicola Porpora pour son élève favori, castrat de légende, Farinelli.

Jarousky s'approprie avec délice cet univers virtuose, en ayant choisi onze arias, accompagné du Venice baroque orchestra, dirigé par Andrea Marcon.

A Farinelli, Nicola Porpora a enseigné le chant, mais il a été plus que déterminant dans la vie du castrat . Une sorte de figure tutélaire et tyrannique.

D’abord, il aurait connu le chanteur enfant et aurait largement participé à la décision de castrer le jeune chanteur, (on castrait, au 18è siècle, chaque année, en Italie, 3 à 4000 enfants pour qu’ils obtiennent cette voix) ; ensuite, il aurait façonné ses goûts musicaux et sa technique vocale. L'élève a dû vivre une enfance monstrueuse, car en plus de la barbarie de la castration, l’enfant mutilé suivait un enseignement redoutable, mais cette relation terrifiante a abouti à l’une des plus belles pages de ce qu’on appelle la « vocalité baroque », ces airs des 17 et 18è siècles.

Pour l’accompagner sur deux titres, Philippe Jarousky a fait appel à une mezzo soprane pour interpréter, avec lui , sur deux titres, Nicola Porpora : Cécilia Bartoli.

La chanteuse avait enregistré en 2009 un disque avec un répertoire pour castrats, énorme succès (la voix de castrats touche un public très large, peut etre parce qu’elle renvoie à un idéal sonore perdu).

Bartoli - Jarousky, cela sonne comme deux voix sœurs, un mariage quasi incestueux, deux voix qui se sourient.

Philippe Jarousky, qui connaît bien le répertoire baroque, dit de Porpora qu’il n’était pas un génie comme Haendel, ses airs cherchaient dit il à charmer le public et à valoriser la virtuosité de Farinelli, mais le contre-ténor français confie avoir perçu dans cette œuvre, « la douceur et l’affection certaine que le maître éprouvait pour son extraordinaire interprète ».

Allez sur le site du chanteur, dans vidéos, cliquer sur "Farinelli":

http://www.philippejaroussky.fr/Videos/EPK/Farinelli#player

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