Invitée d'Augustin Trapenard à l'occasion de son grand retour avec l'album Chroniques et fantaisies, Catherine Ringer a repris un des titres mythiques de la grande Gréco.

Juliette Gréco sur le plateau de "Discorama" en 1968
Juliette Gréco sur le plateau de "Discorama" en 1968 © AFP / Jean-Claude Pierdet / INA

C'est une séquence rituelle en fin d'émission quand des chanteurs sont invités dans Boomerang : nous livrer la chanson de leur enfance, celle qu'ils fredonnent sous la douche ou pour endormir les enfants.

Catherine Ringer s'est prêtée au jeu avec une des chansons de son adolescence : Si tu t'imagines de Juliette Gréco.

A l'origine de ce tube de Gréco, un poème de Raymond Queneau. En 1950, Juliette gréco est une des figures de Saint-Germain-des-Prés mais elle n'a pas encore débuté dans la chanson. Elle fera ses débuts, assez discrets, avec Rue des Blancs-Manteaux, chanson née d'un texte de Jean-Paul Sartre pour sa pièce de théâtre et mise en musique par le philosophe lui-même. Quelques temps après, pour compléter son répertoire naissant, Sartre lui suggère de chanter le poème de l'oulipien Queneau, mis en musique par Joseph Kosma.

Gréco, en janvier 1988, sur Le Divan d'Henri Chapier se souvenait avec émotion de la place si particulière que Sartre avait occupé dans sa vie :

L’amour, la générosité et l’attention qu’il offrait, qu’il donnait à des gens qui n’étaient rien comme moi, ou qui étaient bien peu de choses. (..) Il nous a tendu la main, et il nous a aidés. Il a été avec moi extraordinaire.

Si tu t'imagines remporte un succès immédiat et devient rapidement un des classiques du répertoire de Gréco. Pour beaucoup, c'est une ritournelle entêtante et légère. Mais pour Catherine Ringer, il en était tout autrement :

C'est une chanson qui me faisait peur.

C'est ce passage en particulier qui effrayait Catherine adolescente :

♪ Mais toi ma petite
Tu marches tout droit
Vers c'que tu vois pas
Très sournois s'approchent
La ride véloce
La pesante graisse
Le menton triplé
Le muscle avachi ♫

A cappella, en direct chez Augustin Trapenard (qu'elle renomme d'ailleurs Sébastien :-), la chanson n'est pas effrayante, mais pleine de vie et de force :

Aller plus loin

Après la "chanson d'adolescence", Augustin Trapenard a demandé à Catherine Ringer l'une de ses chansons d'enfance : La Tarentelle des ou-où a-à et-est… Et après l'enfance et l'adolescence, une chanson d'aujourd'hui : c'est In A Sentimental Mood de Duke Ellington qui résonne aujourd'hui dans la tête de la chanteuse et qu'elle fredonne en studio.

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