Danyèl Waro est resté fidèle à la tradition acoustique du maloya, le blues de la Réunion, et il en est le "héros" reconnu. Musicien et poète, il sait faire chanter le créole avec une émotion sans pareil. Longtemps occulté, le maloya a été relancé dans les années 70 par les mouvements indépendantistes avant de renaître dans les années 80. Et Danyel Waro a su avec talent permettre au maloya de retrouver son sens originel et porter un message de révolte, d'espoir et de courage en faisant prendre conscience à de nombreux Réunionnais de l'importance de leur patrimoine culturel.

Danyel Waro cisèle ses mots avec le même soin, le même amour des choses bien faites qu'il peaufine les instruments en les fabriquant : le kayanm, un instrument plat fabriqué à partir de tiges de fleurs de canne et rempli de graines de safran sauvage, le bob fait d'une corde tendue sur un arc et d'une calebasse comme caisse de résonance, et le roulèr, gros tambour monté à partir d'une barrique de rhum sur laquelle on tend une peau de boeuf. En créole, il dénonce les nouvelles formes de dépendances qui ligotent encore les îles à l’état français.Comme l’écrit Richard Robert (Les Inrockuptibles), la rage abrupte, la tranchante sagesse de ses textes se marient dans une forme de transe qui n’est pas vécue comme une fuite, une perte contrôlée volontaire de l’esprit et des sens, mais au contraire comme la recherche d’une clairvoyance supérieure, unissant dans un même élan la pensée, la parole et le geste». Perpétuel insoumis, Danyel Waro met en avant sa «batarsité», titre d’une de ses chansons emblématiques écrite en 1987. Ni blanc, ni noir, le Réunionnais est «tortiyé kaf yab malbar» (mélangé noir blanc indien): si la recherche de son origine l’emmène dans une impasse, l’addition de tous ces mélanges fait sa force.

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