A l'occasion de la sortie du nouvel album des Foo Fighters, Dave Grohl a accordé une interview à Charline Roux pour l'émission "Popopop". Ce dixième album, intitulé "Medicine at Midnight", vient célébrer les 25 ans du groupe, fondé tout juste après la mort de Kurt Cobain et la fin de Nirvana.

David Grohl
David Grohl © Getty

Après trois titres révélés, les Foo Fighters ont publié vendredi 5 février leur tant attendu dixième album intitulé Medicine at midnight. A cette occasion et pour revenir sur les 25 ans de carrière du groupe, Dave Grohl, leader du groupe et ex batteur de Nirvana, s'est confié au micro de Charline Roux pour l'émission Popopop. Une interview traduite par le talentueux Harold Manning. 

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Retrouvez l'intégralité de l'entretien en replay ou ci-après 

CHARLINE ROUX : Bonjour, monsieur Grohl — ou peut-être devrais-je vous appeler “Mister Peanut” ? Parce qu'il semble que c'est le nom sous lequel vous remplissez vos fiches d'hôtels. Je viens de lire ça et j'aime beaucoup l'anecdote.

DAVID GROHL : "Vous savez, j'ai tenu cette histoire de Mister Peanut secrète pendant 30 années, putain ! J'ai toujours adoré que la réception de l'hôtel appelle ma chambre, que moi je décroche, et qu'ils me disent : “Bonjour, Mister Peanut !” Pendant trente ans, ça m'a fait marrer, vraiment. Mais il va falloir que je trouve un autre nom, maintenant".

Mais pourquoi divulguer ce secret aujourd'hui ? Ça a fonctionné pendant 30 ans !

"Je ne sais pas ! J'ai raconté ça dans une interview l'année dernière je crois. C'est complètement ridicule, l'origine de ce surnom. À l'époque je portais une montre “Mister Peanut” [avec un personnage en forme de cacahuète]. Et quand j'ai dû trouver un nom d'emprunt, j'ai regardé ma montre et puis... C'est le genre de trucs qui vous font marrer quand vous êtes en tournée. C'est le quotidien, la routine de quand on est sur la route. Il vous faut ce genre de petits trucs pour garder le sourire. Et "Mister Peanut", ça le fait toujours".

Un album pour faire danser 

Ce qui est dommage, c'est que vous ne pouvez pas l'utiliser en ce moment, puisque personne ne peut voyager. Comment vous débrouillez-vous avec la situation complètement folle que nous traversons en ce moment ?

"L'année dernière, quand tout a été fermé et que tout le monde est entré en confinement, en quarantaine, d'abord j'étais assez nerveux. Parce que je suis un créatif hyperactif, moi. Quand je ne travaille pas avec les Foo Fighters, alors je bosse avec un autre groupe. Quand je n'enregistre pas avec un autre groupe, je fais des documentaires. Si je ne fais pas de documentaires, je réalise des clips… Je ne me repose jamais. Je reste toujours très occupé. Et j'aime être occupé. Je suis nul pour prendre des vacances. Je suis nul pour me détendre. J'ai tellement l'impression que mon temps est compté sur cette planète, que je veux faire le plus de trucs possible tant que je suis là. Alors quand tout a été fermé, quand tout s'est arrêté, j'ai été très inquiet. C'était une situation complètement inédite. J'ai commencé par écrire. J'ai écrit des articles pour des magazines, des nouvelles pour une page Instagram, et puis des nouvelles pour moi-même... 

Le plus important pour moi, c'était que mes amis et ma famille soient en bonne santé, que tout allait bien pour eux. Tout le matériel des Foo Fighters était rapatrié chez nous et attendait indéfiniment. L'album était terminé, tout était prêt à sortir, la couverture était validée, la tournée organisée, tout était prêt pour le lancement de notre 25e anniversaire. On partait sur une tournée de deux ans… Alors quand tout s'est arrêté, il nous a fallu apprendre à nous adapter. Il fallait réfléchir et sortir de nos habitudes, penser à de nouvelles façons d'être un groupe, ou de faire de la musique pour le public. 

Il fallait garder ce lien qu'on a, ce lien de loyauté qu'on entretient avec lui depuis des années et des années. Et donc de plein de façons, ça a été positif de travailler d'autres pistes créatives.

Alors bien sûr, je préférerais chanter sur scène devant 50 000 personnes. Parce que c'est ça, la grande joie de ma vie. De sentir ce lien avec le public. Face à face".  

C'est votre dixième album studio avec les Foo Fighters. Félicitations, vous restez un de mes groupes préférés du monde entier ! Et c'est peut-être votre album le plus pop, même s’il reste fondamentalement rock. Ce côté pop, est-ce que c’est le “médicament” évoqué dans le titre de l’album ?

"Quand j’ai écrit la chanson “Medicine at Midnight” (“Le Médicament de minuit”), je parlais du whisky qu’on prend avant d'aller se coucher (rires)".

Je sais bien ! (rires)

"C'était ça l'idée !... On avait une intention très claire, ou disons qu'on a pris une décision très forte : avant d'enregistrer cet album, nous savions le genre de disque que nous voulions produire. On n'avait pas forcément toutes les chansons, on ne savait pas encore comment serait le son, mais 

J'étais certain qu'il fallait un album avec une énergie très positive. Quelque chose qui fasse danser. Quelque chose qui fasse bouger. Parce que 25 ans après, moi aujourd'hui j'ai 52 ans. J'ai pas envie de me retrouver sur mon canapé avec ma guitare acoustique à écrire des chansons sur les retraités. Je veux que la fête commence, et maintenant ! 

Tous les membres du groupe ont grandi en adorant la musique rock ou la dance music, la musique qui vous donne envie de bouger. Et on n'en avait jamais vraiment joué, avant. On avait fait du rock bruyant, bien barré, dingue, on avait fait de la musique acoustique avec de très belles orchestrations, de l’americana sur des tempos moyens dans des morceaux assez longs… Mais on ne s’était jamais trop intéressés au groove. Pourtant chacun d’entre nous aime ce genre de musique et sait très bien en jouer. Alors je me suis dit : “Ok, on essaye.” Le premier morceau que nous avons enregistré quand on est entrés en studio, c'était la chanson “Making a Fire”. Et pour moi, ce rythme me rappelle les vieux titres de Sly and the Family Stone. C'est un rythme de funk-rock des années 70. Mais il me rappelle aussi le son d'une platine 33 tours.  Ça me rappelle ce qu'un DJ peut faire avec une platine, alors qu'ici, c'est de la batterie. Voilà, c'était notre point de départ, on a commencé avec cette chanson. Et j'ai dit : “Ça va être notre socle pour le reste de l'album.” 

À ce moment-là, j'imaginais que des stades entiers, dans les festivals, seraient bientôt tous remplis de gens qui danseraient et feraient la fête avec nous pour notre 25e anniversaire ! Et puis merde, tout s'est arrêté".

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Puisque vous vouliez que le son de cet album évoque “les groupes de rock qui font presque des disques pour danser”, ma question est : “Sur quels albums de rock danse Dave Grohl” ?

"Avant tout, si vous remontez à la naissance du rock n' roll, à Little Richard et à Elvis, c'étaient des musiciens qui jouaient du rock n' roll pour faire danser les gens ! C'est comme ça qu'ils ont lancé cette révolution. La musique rock avec des rythmes dansants, ça remonte aux origines. J'ai toujours aimé un groupe comme Earth, Wind and Fire. C'est un de mes groupes préférés de tous les temps. Je les adore depuis toujours. Les gens les considèrent plutôt comme un groupe de R'n'B, de funk ou de soul peut-être, mais quand je les écoute, pour moi c'est un groupe de rock n' roll ! Même parmi les groupes plus récents, prenez Eagles of Death Metal. Voilà un groupe qui donne envie de danser. Même chez Led Zeppelin, il y avait des éléments de funk. On peut en trouver des traces dans tellement de morceaux de rock... Même chez David Bowie, dans l'album "Let's Dance". C'est un de mes albums préférés de tous les temps. Je me rappelle l'avoir acheté quand il est sorti. Il faisait évoluer son sens du groove. Donc vous voyez, tout ça ce sont des influences dans ma vie, mais je ne les ai jamais laissé influencer les Foo Fighters. Et là je me suis dit qu’il était temps. On avait attendu longtemps, mais là c'était le moment.

Et ça marche car cet album m’a très bien fait danser, je vous le promets. D’ailleurs heureusement que l’album ne fait que 37 minutes. Au-delà, mon vieux cœur ne résisterait pas à la danse… Il faut aussi penser aux fans âgés !

Par le passé, on a fait des albums qui étaient vraiment foutrement interminables ! Le double album ou “Echoes, Silence, Patience and Grace”, ce sont des albums longs… J’en suis fier, d'ailleurs. Cela semblait la chose à faire à ce moment-là. 

J’ai eu le sentiment que ce nouvel album devait être bref et charmant. Parce que les meilleures fêtes, par exemple, sont celles dans lesquelles vous vous pointez, vous vous éclatez complètement pendant une heure, et puis vous vous cassez. 

La plupart des expériences les plus excitantes de ma vie se sont produites comme un flash. Comme une explosion. Et je voulais retrouver ça".

Un rock conscient et engagé

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Et puis il y a ce morceau complètement addictif, fort, brutal et très “lemmy-esque” : “No Son of Mine”. Quel est votre rapport avec Kilmister le “kill master” ?

"Vous savez, pour toutes nos chansons, tout a commencé par un riff de guitare acoustique. Même nos morceaux les plus heavy, même les chansons les plus bruyantes, je les ai écrites à la guitare acoustique, en voyant pas à pas ce qui en sortait. Je n'ai pas fait d’études musicales, je n’ai pas appris à jouer de la guitare, je ne connais pas le nom des accords et je ne connais pas le solfège… Je regarde le mouvement que font mes mains et si ça sonne bien, je garde. Pour “No Son of Mine”, quand j’ai commencé à la jouer, c’était vraiment presque un riff de country ou de rockabilly ! Ça sonnait comme un vieux western, pour moi. 

Et puis on est entrés en studio, et là bien sûr avec Taylor (Hawkins) à la batterie, Pat Smear à la guitare, et moi qui gueule par-dessus eux, c’est devenu autre chose... C'est une chanson qui nous est venue complètement naturellement. Mais il y en a d'autres dans cet album qui représentent pour nous un territoire complètement nouveau. Un territoire véritablement étranger. Et j'adore ça. C'est pour ça que ces chansons sont dans l'album. Une chanson comme "No Son of Mine", je pense qu'elle aurait pu figurer dans n'importe quel album des Foo Fighters que nous avons déjà sortis. Elle a simplement un ton nouveau, une dynamique nouvelle".

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Il y a aussi une chanson au ton assez inquiet, “Waiting on a War”. C’est une question que vous a posée votre fille qui vous a donné l’idée de cette chanson, c’est bien ça ?

"Oui… J'ai grandi tout près de Washington. Et quand j'étais gamin, au début des années 80, une de mes plus grandes peurs, c'était le conflit nucléaire. Dans ces années-là, avec Reagan au pouvoir et les tensions entre les USA et la Russie, tout le monde ne pensait qu'à ça, à la guerre nucléaire. Moi, ça me traumatisait, quand j'étais jeune. Je rêvais de missiles qui survolaient ma maison, de soldats dans mon jardin qui me tiraient dessus… Ça a eu des répercussions très sombres sur mon psychisme. J'ai fini par me dire ce n'était plus la peine d'espérer quoi que ce soit, puisque nous finirions probablement par tous mourir dans une guerre nucléaire... Et puis bien sûr, avec le temps, je suis devenu adulte. 

Un jour, pendant que nous enregistrions cet album, j'accompagnais ma fille à l'école, elle me regarde — elle a 11 ans, elle s'appelle Harper — : “Papa est-ce qu'il va y avoir la guerre ?” Je lui réponds : “Non, qu'est-ce qui te fait dire ça ?” Elle avait vu le journal télévisé, on y parlait de la Corée du Nord… Et ce qui m'a brisé le cœur, c'est qu’elle éprouvait la même impuissance que moi à son âge, il y a 40 putain d’années !

Je me suis posé la question : tous les enfants vivent-ils donc dans cette même peur ? J'avais besoin qu'elle sache que la vie vaut mieux que ça. La vie, ce n'est pas de rester indéfiniment dans la peur. Je l'ai déposée à l'école et je suis rentré écrire cette chanson le jour même, et on l'a enregistrée immédiatement. Parce que… Pour moi, c’est très important. Je n’écris pas tant de chansons que ça pour mes gosses, mais celle-ci elle est très, très importante pour moi".

Il y a quelques jours, vous avez joué pour l’investiture de Joe Biden, et vous avez dédié “Times Like These”, je vous cite, “aux enseignants, ces piliers inébranlables qui éclairent chaque jour les enfants de notre nation” — une allusion très forte selon moi. Pensez-vous qu’ils sont les artisans modernes de la paix ? Ces enseignants ont un rôle énorme à jouer, aujourd’hui…

"Vous savez, ma mère était institutrice, et je sais très bien ce que c’est que la vie d’un enseignant. C’est une vidée dédiée à l'altruisme. Elle se levait le matin avant le soleil. Elle se préparait avant de me faire à manger, à moi et à ma sœur, de nous habiller et de nous envoyer à l'école. Elle partait ensuite pour son établissement où elle aidait des centaines et des centaines d'enfants à apprendre comment étudier. Sa vie entière, elle a fait passer les autres avant elle. Je trouve cela remarquable. Aujourd'hui encore, j'éprouve beaucoup de respect et d'admiration pour ma mère. Nous sommes les meilleurs amis du monde. Et je considère tous ceux qui font ce métier de la même façon. Leur journée d'enseignant ne s'arrête pas quand la sonnerie de l’école retentit. Ce sont des gens à part, des gens admirables. En juillet dernier, j'ai écrit un article pour le magazine The Atlantic qui s'intitulait “Défense de nos enseignants”

À l'époque, le gouvernement américain ne donnait à ses enseignants aucun projet cohérent. Les projets, c'est justement ce que les enseignants savent faire : des projets de cours, des projets pour leur établissements, et ils vous apprennent aussi à faire des projets pour votre propre avenir. C’est le travail des enseignants. Et personne n’avait de projet à proposer aux enseignants pour rouvrir les écoles pendant la pandémie, pour le faire en toute sécurité. J’ai donc publié cet article. 

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L’équipe de campagne de Biden a lu l’article, et Jill Biden — qui est enseignante elle-même — m’a contacté pour me dire qu’elle l'appréciait beaucoup. Et plus tard, ils m’ont demandé de jouer à la cérémonie d’investiture. On a choisi la chanson “Times Like These” pour ce qu'elle représente. Quand je l'ai écrite, il y a 18 ans, c'était une chanson très personnelle. Elle parlait pourtant déjà de l’idée de recommencer sa vie, de renaître, d’apprendre à vivre de nouveau, à aimer de nouveau... Et cette chanson semble vraiment correspondre à ce qui se passe en ce moment aux USA, et dans le monde. C’est une invitation qui m’a honoré. Cela a été un moment très fort".

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Avec les Foo Fighters vous entretenez une longue tradition de clips rigolos et mémorables, de “Big Me” à “The One” — mon préféré restant “Long Road to Ruin”, à cause de Davy Grolton. Vous qui êtes passé maître dans l’art du déguisement, comptez-vous réutiliser ce super-pouvoir bientôt ?

"Vous savez, pour cet album comme dans toute la carrière des Foo Fighters, on n'a pas forcément envie de refaire des choses qu'on a déjà faites. Moi, je sais ce dont je suis capable. Mais j'ai envie d'essayer ce dont je suis "incapable". Quand on a sorti le premier single “Shame Shame” et son clip, le public était vraiment assez surpris. On disait : “Waouh, ça ne ressemble pas à une chanson normale des Foo Fighters, et puis c'est très noir. Et le clip est très noir lui aussi. Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui leur prend ?” C'était justement la réaction que j'espérais. Si on avait sorti une chanson comme “Best of You”, “My Hero” ou “Everlong” et qu’on en avait fait un clip rigolo, les gens auraient dit : “Ok d’accord, ça c’est du Foo Fighters…” C’est une arme à double tranchant. Vous avez tort en faisant un truc et vous avez tort en faisant le contraire. Si on propose quelque chose qui semble inhabituel à nos fans, ils disent “Ah les Foo Fighters, ils sont finis, c’est terminé ! Ils sont devenus pourris, ils ont perdu la grâce, ils sont trop vieux, bordel ! Bla-bla-bla !” Mais si on sort quelque chose qui ressemble à un de nos albums précédents, nos fans vont s’écrier “Oui ! C’est génial !” alors que le reste des gens va trouver qu’on répète toujours la même chose… 

Il faut travailler pour soi, personnellement. C’est comme ça qu’on peut durer. Si vous arrivez à vous surprendre toujours et à rester dans le plaisir, vous pouvez tenir des années et des années".

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On vous a vu le mois dernier dans un épique duel de batterie avec la petite Nandi Bushell. Vous lui avez même écrit un thème. Prévoyez-vous de travailler avec elle prochainement ?

"D'abord, ce duel de batterie, c'est sincèrement ce qui m'a poussé à sortir le nouvel album des Foo Fighters. Ce nouvel album était prêt dès février dernier, on était prêts à le sortir. Tout était en place, la tournée, etc. Et puis le monde s'est arrêté. On avait des réunions tous les mois. On se disait : "- Alors, on le sort ?" "- Non, il faut sans doute attendre." "- On le sort, maintenant ?" "- Non, il faut sans doute attendre." J'ai l'impression qu'on attendait tous que le monde revienne à la normale. On a fini par comprendre que ça n'allait pas arriver très prochainement. Mais entre-temps, j'ai fait ce duel de batterie avec Nandi, et ce duel n'avait qu'un seul but : rendre les gens heureux. C'est tout ! 

À une époque où on allume la radio et c'est la déprime, on allume son ordinateur et c'est la déprime, on regarde son téléphone et c'est la déprime… ce duel de batterie était un petit quelque chose sur lequel les gens pouvaient cliquer et pendant 4 minutes sourire, se sentir bien, se sentir joyeux, soulagés. C'est là que j'ai compris que la musique, c'est fait pour ça.

Pourquoi attendait-on pour sortir notre album ? Il fallait le faire maintenant, parce que les gens ont besoin de se changer les idées, de se sentir soulagés, d’éprouver de la joie. C'est cela dont les gens ont besoin. On ne peut pas partir en tournée, on ne peut pas jouer dans des festivals ou dans des stades, je ne peux pas monter sur scène… mais je n'ai pas composé cette musique seulement pour ça. Je fais de la musique pour que les gens l'écoutent et ressentent quelque chose. Donc, sortons l'album ! C'est le duel de batterie avec Nandi qui m'a convaincu de sortir l'album. Le monde a besoin de se changer les idées, de joie et de bonheur".

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En septembre prochain, ce sera le 30e anniversaire de ce chef-d'œuvre, de cet album qui a changé ma vie et plus probablement encore la vôtre, “Nevermind”. Si vous aviez un conseil à donner au jeune Dave Grohl, celui qui va s'apprêter à jouer “Smells like Teen Spirit” pour la première fois, quel serait-il ? 

"Je lui dirais : “Ralentis ! Détends-toi ! Respire un grand coup. Et apprends à dire non.” Voilà ce que je lui dirais. À cet âge-là, j’étais comme un putain d’animal sauvage sous stéroïdes ! J’étais dingue, vous savez. Mais j’étais jeune, j’avais 21 ou 22 ans… Je lui dirais : “Respire un grand coup, et profite de chaque jour. Parce que ça passe très, très vite ! La vie, ça passe très vite. Profites-en tant que tu le peux."

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